Exposition

Vidéo et danse, un couple toujours en mouvement

«Move Movie» se visite avec plaisir au Centre d’art contemporain d’Yverdon-les-Bains

Vidéo et danse, un couple en mouvement

Exposition «Move Movie» se visite avec plaisir à Yverdon-les-Bains

L’art vidéo est un quinquagénaire qu’on fête sur tous les tons depuis l’an dernier. Si l’exposition du Musée cantonal des beaux-arts de Lausanne vient de fermer, on peut continuer à souffler les bougies à Yverdon-les-Bains. Le Centre d’art contemporain, en collaboration avec L’Association vaudoise de danse contemporaine, se penche sur l’état actuel de ses relations avec la danse, art avec lequel il n’a cessé de flirter durant ses cinq décennies.

Média du mouvement et de la fluidité, la vidéo se fait aisément complice des danseurs et chorégraphes et l’exposition Move Movie en témoigne. Elle propose une douzaine d’œuvres, qu’on peut répartir en trois types de rencontres. Les premières réunissent à égalité plasticiens et chorégraphes, comme dans Times Floor, un projet inédit de la vidéaste Marion Tampon-Lajarriette et de la danseuse de flamenco Rocio Molina, qui joue magnifiquement avec l’espace et le rythme.

Représentation du corps

La deuxième forme de rencontres voit le chorégraphe chercher la collaboration d’un réalisateur, comme Foofwa d’Imobilité qui demande à Pascal Magnin de le filmer. Le danseur insère dans sa course sur le stade les mouvements propres à d’autres sports. Le film Dance/Run (2003) a été utilisé dans le cadre d’un spectacle.

Le plasticien peut aussi convoquer des danseurs comme interprètes. C’est le cas dans Contrainte 3, de Bastien Gachet. On l’y voit tenter de dessiner un nu académique – le modèle est impassible sur une chaise au second plan – et en être empêché par un danseur dans un corps-à-corps de lutteurs-joueurs. La gravure qui résulte de cette séance houleuse est exposée avec la vidéo. En quelque trois minutes, on a là une jolie série de clins d’œil à l’histoire de la représentation du corps.

Hommage à Richard Serra

Gregory Stauffer, le danseur de Contrainte 3, est aussi l’auteur et interprète de Verbmemove, un hommage à Richard Serra. Le sculpteur américain a établi dans les années 1960 une liste de verbes pour décrire ses actions possibles sur les matériaux. Rouler, plier, fendre… autant de mots que Gregory Stauffer rejoue devant la caméra, avec son propre corps, dans des extérieurs variés. C’est fin et poétique comme des haïkus.

Citons encore La Ribot et Despliegue , une installation qui joue avec deux images vidéo en contraste. Au sol, une large projection invite à voir l’artiste d’en haut, déployant autour d’elle les costumes et accessoires de performances précédentes. L’image a du grain, elle semble prise par une caméra de surveillance, alors que sur un moniteur proche, on a l’image mouvementée mais nette de la petite caméra que la danseuse tient en main. Double vision fascinante.

Move Movie au Centre d’art contemporain d’Yverdon-les-Bains. Me-di 12h-18h, jusqu’au 26 janvier. www.centre-art-yverdon.ch

Publicité