Carnet noir

La légende hollywoodienne Zsa Zsa Gabor tire sa révérence

Sacrée actrice la plus glamour en 1958, elle s’était davantage illustrée par sa vie sentimentale, ses scandales et ses ennuis judiciaires que par son jeu de comédienne

Une des dernières légendes d’Hollywood est décédée dimanche, à l’âge de 99 ans. L’actrice Zsa Zsa Gabor, qui a davantage fait parler d’elle en raison de sa vie sentimentale, ses scandales et son goût pour la flamboyance que pour ses talents de comédienne, a succombé à une crise cardiaque. Elle enchaînait les problèmes de santé depuis plusieurs années, entre une paralysie partielle survenue après un accident de voiture en 2002, un accident vasculaire cérébral trois ans plus tard et une amputation de la jambe droite en 2011.

Devenue américaine, Zsa Zsa Gabor, née Sari Gabor, vient d’une famille bourgeoise hongroise. Elue Miss Hongrie en 1936, elle décide de percer à Hollywood. Ses débuts se feront dans un show télévisé, «Bachelor’s Haven». Zsa Zsa Gabor jouera ensuite dans des dizaines de films, dont «Cinq mariages à l’essai» (1952) d’Edmund Goulding, où elle donne notamment la réplique à Ginger Rogers et Marilyn Monroe, «Moulin Rouge» (1952) de John Huston, ou encore «La Soif du mal» (1958) d’Orson Welles.

En 1958, celle qui fut une grande amie d’Elizabeth Taylor, reçoit le Golden Globe de «l’actrice la plus glamour». Zsa Zsa Gabor, c’est aussi et surtout un accent inimitable, neuf mariages dont un annulé, des amants célèbres, des scandales financiers, un goût prononcé pour le luxe et une certaine exubérance. Elle fréquentait les cercles mondains de Hollywood avec ses deux sœurs, Eva et Madga, également actrices, mariées respectivement cinq et six fois. Elle n’a eu qu’un seul enfant, une fille, décédée en 2015, qu’elle a eue avec le fondateur de la chaîne d’hôtels Hilton. Elles entretenaient des relations compliquées, la mère ayant traîné la fille devant la justice pour des questions d’argent.

Dans une autobiographie au vitriol parue en 1991, «One lifetime is not enough», Zsa Zsa Gabor s’épanche notamment sur ses amants, dont elle n’hésite pas à divulguer les comportements sexuels. Elle prétend avoir été déflorée par Mustafa Kemal Atatürk, père fondateur de la Turquie, et non par son premier mari.

«Une merveilleuse maîtresse de maison»

Dotée d’un certain humour et d’une capacité d’autodérision, Zsa Zsa Gabor laissera derrière elle certaines phrases devenues célèbres. Comme: «Je suis une merveilleuse maîtresse de maison. Chaque fois que je quitte un homme, je garde la maison.» Ou: «Je veux un homme gentil et compréhensif. Est-ce trop demander qu’il soit millionnaire?»

En 1989, elle avait fait les gros titres pour avoir frappé un policier à Beverly Hills, qui l’avait verbalisée au volant de sa Rolls Royce Corniche. Ce qui lui a valu trois jours de prison.

En mauvaise santé, Zsa Zsa Gabor n’apparaissait presque plus en public depuis de nombreuses années. En 2007, Vanity Fair consacrait un article à celui qui est son mari depuis 1986, Frédéric Prinz von Anhalt, accusé de la retenir presque prisonnière. L’article raconte comment l’homme a organisé une apparition de sa femme devant la presse, pour prouver qu’elle allait bien. Les journalistes présents, raconte Vanity Fair, l’ont vue installée toute maquillée et habillée sur un canapé, loin de la chaise roulante qu’elle ne quittait presque plus, prête à être photographiée. Lors du court échange, il a notamment été question des frasques de Paris Hilton, dont l’arrière-grand-père, Conrad Hilton, a été un de ses maris. Et puis soudain, l’actrice a mis fin à cette mise en scène, prétextant un mal de tête pour se retrancher dans ses appartements.

Dimanche, son mari a indiqué à l’AFP que Zsa Zsa Gabor était décédée à son domicile de Bel Air, à Los Angeles, entourée de sa famille et de ses amis.

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