Digital 

Les cultures numériques auront un lieu à Genève

Le D.I.X. pourrait aider la ville à s’imposer comme centre suisse de la création digitale

Pour le moment, ce n’est qu’une porte de garage au pied d’un immeuble de logements du tournant du XXe siècle, dans le quartier genevois des Pâquis. Mais en novembre, si ses enthousiastes promoteurs tiennent leur calendrier, le D.I.X. déploiera ses espaces futuristes derrière cette porte. D.I.X parce que nous sommes au 10 rue Jean-Jacquet, et pour Digital Interactive Xperience.

Le D.I.X., un peu moins de 600 m2 sans les bureaux, se projette donc en lieu de création, avec des résidences, de l’incubation de projets, une petite salle VR – pour réalité virtuelle – avec des sièges pivotant à 360°, une autre à peine plus grande (une soixantaine de places) pour les films interactifs et autres séries web, un espace d’exposition, ou encore un fonds de documentation, en collaboration avec les Bibliothèques municipales.

Centre suisse de la création numérique

On saisit sans doute un peu mieux le projet en regardant l’identité de ses promoteurs, réunis au sein de la Fondation pour la création numérique. Le trio de base tout d’abord. Alexandre Iordachescu, producteur indépendant (Elefantfilms), préside la Fondation accompagné par Abir Oreibi, directrice de LIFT Conferences, et Emmanuel Cuenod, directeur du Festival tous écrans. Le D.I.X. souhaite rien moins que positionner Genève comme le centre suisse de la création numérique, Zurich existant déjà comme pôle de diffusion.

Pour cela, il joue avec les dimensions, du local à l’international. Cela se voit avec les membres de son conseil de programmation, appelé à se réunir dès les prochaines semaines pour donner les premières impulsions. On y retrouve des responsables d’Animatou, festival du film d’animation, de la Head Genève, du Near Future Laboratory, de l’EPFL, de Swissnex San Francisco, du Forum des images parisien, ou encore de la Société des arts technologiques de Montréal.

Budget annuel de 500 000 francs

Si c’est le Département de la culture et des sports, qui a convoqué la conférence de presse, avec la présence de son magistrat Sami Kanaan, il n’aura qu’un représentant dans ce conseil et ne devrait subventionner ni les travaux, ni le fonctionnement de base mais sans doute des projets particuliers. «Le rôle de la Ville a été pour nous essentiel car nous avons pu recevoir l’argent nécessaire pour lancer l’aventure quand ce lieu inespéré s’est libéré, essentiellement grâce au programme G’innove», explique Alexandre Iordachescu.

Pour les travaux, le D.I.X est en train de réunir le million et demi de francs nécessaires auprès de fondations. Pour le fonctionnement, le budget annuel de base est estimé à 500 000 francs, perçus grâce à la billetterie, au bar vegan, ou à la location d’espaces pour des événements. Chaque activité nouvelle trouvera par ailleurs son propre budget.

Et l’expérience le dit, ce genre de projets tournés vers l’innovation, où le matériel est aussi vite obsolète que les idées, n’est qu’un éternel recommencement. Son président espère que le D.I.X. donnera à des jeunes les mêmes impulsions que le Centre pour l’image a pu lui donner quand il avait 18 ans. Le CIC n’a pas su convaincre de son aptitude à appartenir à son époque et a vu ainsi ses activités éclatées il y a bientôt dix ans. Le D.I.X. en sera peut-être un héritier.

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