Musée

Décès de Charles-Henri Favrod, fondateur du Musée de l’Elysée

Journaliste et grand voyageur, il avait donné forme à sa passion pour la photographie à travers le musée lausannois. Il est décédé dimanche, à 89 ans

Il a fondé le Musée de l’Elysée en 1985, preuve tangible et durable d’une passion pour la photographie. Onze ans auparavant, il avait commencé à poser les jalons avec la Fondation vaudoise pour la photographie. Charles-Henri Favrod est décédé dimanche, à l’âge de 89 ans, annonce 24 heures ce lundi.

Il a dirigé le Musée pendant onze ans, et l’a quitté à regret: «J’aurais aimé en faire vingt, mais le règlement des fonctionnaires vaudois est strict!», nous disait-il en souriant lors d’une interview en 2015, pour les 30 ans de l’institution.

Lire: Son interview en juin 2015.

Une curiosité permanente

La vie de Charles-Henri Favrod a été celle d’une curiosité sans relâche, en arpentant le monde autant qu’en collectionnant ses reflets. Né à Montreux en 1927, il préside, dès 1949, la Société des Belles-Lettres, ce qui l’amène à rencontrer notamment André Breton ou Jean Cocteau.

En 1952, il fait le tour de la Méditerranée pour la «Gazette de Lausanne». C’est le début d’une longue décennie de reportages, effectués entre autres en Indochine. En 1961, il organise la première rencontre entre négociateurs algériens et français, amorce du chemin vers les Accords d’Evian.

Il se fait éditeur chez Rencontre, puis commence à donner forme à sa passion pour la photographie. Au début des années 2000, il a été chroniqueur pour «Le Temps».

A propos de l’ambition du Musée, il nous disait en 2015: «Je voulais montrer une photographie internationale parce que l’on avait un peu tendance à ne se préoccuper que de la photographie française. Je souhaitais exposer les plus grands comme les plus jeunes, dans l’idée aussi de constituer une collection, car un musée sans collection est absurde.»

Un doute face au déménagement prévu

Il n’a pas caché non plus son appréhension à l’égard du déménagement annoncé de l’Elysée, qui doit rejoindre le «Pôle muséal» en construction vers la gare de Lausanne: «Je le vois mal quitter ces lieux. C’est incommode mais sympathique. Et je vois mal ces trois musées cohabiter, j’espère qu’il n’y aura pas trop de hargne au mètre carré.»

Et à propos de sa passion, il disait: «Imaginez comment était le monde avant qu’on le duplique, qu’on l’inventorie, qu’on photographie chacune des choses qui le constitue? Les gens n’avaient pas idée; comment imaginer le Louvre quand on vit à Angoulême? Il y a eu deux inventions phénoménales au XIXe siècle: la photographie et la psychanalyse, deux fondamentaux.»


Trois chroniques de Charles-Henri Favrod

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