Technologie

Google veut se renforcer dans le cloud

Le moteur de recherche a investi 30 milliards de dollars en trois ans. Mais il reste encore loin derrière Amazon et Microsoft

Dix-huit mois après son arrivée, Diane Greene affiche sa satisfaction. «Nous connaissons une forte accélération de notre activité. Et nous affichons la plus forte croissance du secteur», se félicite la responsable du cloud computing chez Google. Distant troisième, derrière Amazon et Microsoft, le moteur de recherche s’est lancé dans une course-poursuite pour rattraper son retard.

Nouvelles ambitions

Du 8 au 10 mars, Google a voulu afficher ses nouvelles ambitions. A San Francisco, il a réuni plus de 10 000 professionnels et développeurs. Sur scène, les clients prestigieux se sont succédé: Disney, HSBC, eBay ou encore Verizon. «Nous avons investi 30 milliards de dollars sur les trois dernières années», a ensuite martelé Eric Schmidt, le président du conseil d’administration d’Alphabet, la maison mère de Google. Et d’ajouter: «Nous avons l’argent et la détermination».

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Mais le groupe de Mountain View reste encore loin derrière. L’an passé, Amazon Web Services, la filiale du géant du commerce en ligne, a réalisé un chiffre d’affaires de 12,2 milliards de dollars dans le cloud d’infrastructures, qui permet à des entreprises et des administrations de louer des serveurs plutôt que de bâtir leur propre réseau informatique. Selon les estimations de Deutsche Bank, Microsoft et Google (qui ne publient pas de chiffres détaillés) n’auraient respectivement généré que 2,4 milliards et 900 millions de dollars de recettes.

«Prendre soin de ses clients»

L’offensive de Google a véritablement commencé fin 2015 avec le recrutement de Diane Greene pour prendre la tête d’une unité regroupant l’ensemble des activités dans l’informatique dématérialisée. La responsable est un grand nom de la Silicon Valley. Elle a bâti sa réputation en cofondant puis en dirigeant VMware, l’un des pionniers de la virtualisation, qui permet de faire tourner plusieurs systèmes d’exploitation sur un ordinateur ou un serveur.

Depuis son arrivée, Diane Greene a imposé sa marque. «Ma première mission a été d’ériger une organisation qui sait prendre soin de ses clients», explique-t-elle. Elle a ainsi simplifié les processus, multiplié les recrutements de commerciaux d’expérience et pousser les ingénieurs de Google à rencontrer les entreprises clientes.

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Nouvelle identité

La dirigeante a aussi tenté de combler un déficit d’image. Cela est notamment passé par une nouvelle identité: Google Cloud. Et par la signature de prestigieux contrats, quitte à sacrifier temporairement ses marges. «Nos efforts portent leur fruit», assure-t-elle.

Google poursuit également ses investissements. «Nous avons l’infrastructure la plus performante, la plus sûre et la plus fiable», lance Diane Greene. Mais l’entreprise reste encore en retrait en termes de centres de données ouverts et de présence internationale. «Le problème, note Dave Bartoletti, analyste chez Forrester, c’est qu’Amazon et Microsoft ne ralentissent pas la cadence. Pour rattraper son retard, Google va devoir investir davantage qu’eux».

Marché gigantesque

Si le moteur de recherche parvient à séduire de grands groupes et des start-up – à l’image de Snapchat, avec lequel il a signé un contrat d’au moins deux milliards de dollars sur cinq ans –, il est encore peu présent sur le segment des entreprises moyennes. «Le marché n’en est qu’à ses débuts, nuance Dave Bartoletti. Il sera assez important pour permettre à trois acteurs de réussir».

En 2015, Urs Hölzle, directeur de l’infrastructure, estimait que le chiffre d’affaires du cloud chez Google pourrait dépasser ses recettes publicitaires d’ici à 2020. Un objectif sur lequel Diane Greene ne s’engage pas «C’est un marché gigantesque, se contente-t-elle d’indiquer. Si nous continuons à gagner des contrats et à améliorer notre offre, cela sera un très bon business.»

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