Caractères

2019, année Jacques Chessex

Publications, soirée poétique, documentaire pour les dix ans de la disparition de l’auteur de «L’ogre» et du «Portrait des Vaudois»

Magie du grand écran dans la petite salle du Lapin Vert à Lausanne: soudain, la forêt de Ropraz, ses ombres et sa lumière, bruisse tout entière. Et au milieu des bois, Jacques Chessex, dans son élément, presque arbre au milieu des arbres. On voit l’écrivain, décédé en 2009, tailler du bois avec un couteau. Ecrire sur son carnet. On entend sa voix, surtout, nous dire, comme à l’oreille, la façon dont les mots lui viennent, s’imposent, parfois sous forme de transe qu’il s’agit alors de ne pas brimer.


Ces images ont été tournées par l’un des fils de l’écrivain, Jean Chessex, et Lionel Charlet en 2008 et 2009. En ce vendredi 1er mars, au Lapin Vert, au cœur de cette Cité que Jacques Chessex a tant arpentée, les extraits du documentaire Ecrire devant l’Eternel ont ponctué la présentation de l’année Chessex, soit l’ensemble des événements qui vont marquer le dixième anniversaire de la disparition du romancier et poète. A commencer par la publication, aux Editions de l’Aire, sous le titre Dire la gloire et la menace, des chroniques que l’auteur de L’ogre a tenues dans L’Hebdo en 2000 et 2001 (lire en page 31).

Face au paysage


Plusieurs émissions de radio sur la RTS (Caractères, Versus-lire), une soirée poétique, un colloque à l’Université de Lausanne le 17 mai, un site internet (www.jacqueschessex.ch), quatre promenades littéraires à Lausanne au printemps et en été (www.lausanne.ch). Le 14 septembre, enfin, à Ropraz, le village où Jacques Chessex a vécu les trente dernières années de sa vie, sera inaugurée une balade Jacques Chessex avec un itinéraire à travers les bois et ce paysage du Jorat, où l’écrivain aimait «rôder». Une publication sur papier et en version numérique présentera des extraits de l’œuvre et quelques repères biographiques. Le 12 octobre, une «Halte Chessex», toujours à Ropraz, à côté de la chapelle et face au paysage, sera posée en la forme d’un banc en beau granit, une invitation en somme faite aux passants de s’arrêter quelques instants et de regarder de tous leurs yeux ces montagnes, ces chemins, ces ciels que l’écrivain a su si bien nommer.

Jusqu’au Brésil

Avant une parution espérée des Œuvres complètes de Jacques Chessex, ses fils Jean et François, initiateurs de cette année anniversaire et de l’association Chessex19 qui rassemblera énergies et projets, un recueil de nouvelles inédites est attendu pour la fin de 2019. En attendant, signe de la vitalité et de l’actualité de l’œuvre, les romans et récits de Jacques Chessex sont largement traduits. En anglais, en allemand, en portugais du Brésil, en roumain, en bulgare. Sur la petite scène du Lapin Vert, il y avait une émotion certaine à imaginer les mots du poète de Ropraz, ces chemins, ces ciels, voguer sur d’autres langues.

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