Concours

21 artistes en lice pour créer l’emblème de Plateforme 10

Ce vendredi, les créateurs sélectionnés parmi 73 dossiers ont pu visiter le site du futur pôle muséal lausannois

Casqués de bleu ou de blanc, un gilet de protection orange vif par-dessus leurs vêtements, tous portaient la tenue de circonstance pour se balader entre les tas de sable géants et la grande fosse au fond de laquelle s’activent les ouvriers. Une dizaine d’artistes avaient souhaité profiter de la visite de chantier qui leur était proposée ce vendredi. Quelques-uns avaient aussi envoyé un représentant.

Au total, 21 artistes ou collectifs ont été retenus parmi 73 dossiers déposés. Tous pourront présenter une proposition d’intervention susceptible de devenir l’emblème de Plateforme 10, le regroupement, jouxtant la gare de Lausanne, du Musée cantonal des beaux-arts (MCBA), du Musée de design et d’arts appliqués (Mudac) et du Musée cantonal de la photographie (Musée de l’Elysée).

Noms prestigieux

Les noms sont souvent prestigieux, du Genevois John Armleder, né en 1948, au Français Xavier Veilhan, né en 1963 si l’on s’en tient à l’ordre alphabétique, ou de Julian Charrière, né en 1987 à Morges et basé à Berlin, à Peter Downsbrough, né en 1940 à New Brunswick et installé à Bruxelles, si l’on veut souligner tant la variété des âges que la diversité géographique. Ils ont désormais jusqu’au 28 avril pour envoyer leur proposition.

Certains avaient peut-être déjà une idée en tête au moment de poser leur candidature, d’autres l’ont sans doute fait, encouragés par l’une ou l’autre personne impliquée dans Plateforme 10. C’est du moins ce qu’on peut imaginer quand on voit que des artistes étrangers comme Kader Attia, Michel François, Samuel Boutruche, Alfredo Jaar ou encore Esther Shalev-Gerz concourent aux côtés des Suisses Carmen Perrin, Lang & Baumann ou Philippe Decrauzat associé au Bureau A.

Une œuvre pour un quartier

Après une présentation du projet par Chantal Prod’hom, la visite était guidée par Emmanuel Ventura, architecte cantonal. Il est le président du jury, Nicole Minder, cheffe du Service des affaires culturelles, en est la vice-présidente. On y retrouve aussi les directeurs des trois musées et les architectes des deux futurs bâtiments, Fabrizio Barozzi et Manuel Aires Mateus. Ce ne sont pourtant pas les constructions elles-mêmes qui doivent concentrer l’attention des artistes.

Il ne s’agit pas pour eux d’inscrire une fresque ou un bas-relief sur un des murs en construction. Ils sont plutôt invités à chercher un geste, à imaginer de faire vivre quelque chose dans les espaces assez vastes laissés entre les bâtiments. Plus que la pérennité, leur projet pourrait tenir compte de la construction en deux temps des bâtiments, c’est-à-dire avoir déjà une visibilité en 2019 au moment de l’inauguration du MCBA, et présenter une seconde étape en 2012, quand le second bâtiment accueillant Mudac et Elysée ouvrira à son tour. Les jurés présents ont plus d’une fois souligné la notion de quartier propre au projet ainsi que le lien, tout à la fois géographique et patrimonial avec le chemin de fer.

Depuis 1974, 120 interventions artistiques

La Commission mise sur pied pour organiser ce concours dispose de 567 000 francs, pour l’organisation et la réalisation. Cette somme a été établie en fonction du Règlement concernant l’intervention artistique sur les bâtiments de l’Etat (RIABE), qui prévoit que pour tous les bâtiments construits par l’Etat, un montant proportionnel au coût de construction soit réservé pour une intervention artistique. Ce pourcentage varie de 0,5 à 1,5% en fonction du montant global. Depuis 1974, quelque 120 interventions artistiques ont été réalisées. Ce n’est d’ailleurs que l’an dernier que le mot intervention a remplacé celui d’animation.


La liste des artistes en concours est sur le site du projet:

www.plateforme10.ch/fr/documents

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