Série américaine précédée d'une réputation en or pixellisé, 24 heures chrono a démarré sa carrière sur la TSR jeudi soir. Pour sa première apparition sur les écrans romands, le phénomène télévisuel qui suit en 24 épisodes les 24 heures de la vie d'un agent fédéral a réuni 100 000 spectateurs, soit autour des 20% de part de marché tout public confondu et 24% de part de marché dans la tranche des 15-49 ans. Des chiffres convenables, sans plus. «L'émission est diffusée après 21 heures, c'est-à-dire face à l'artillerie lourde des chaînes françaises. Je suis malgré tout très satisfait de ces premiers chiffres. Je suis sûr en plus qu'ils vont augmenter», commente Raymond Vouillamoz, directeur des programmes.

Parmi les téléspectateurs ce soir-là, Antoine Jaccoud, dramaturge auprès du metteur en scène Denis Maillefer à Lausanne et scénariste, spécialiste des séries. Alors, devient-on dépendant de 24 heures chrono dès le premier épisode? «Ce premier numéro n'amène rien de particulièrement neuf. X-Files avait ouvert d'immenses champs narratifs. Ici, le récit revient sur des terrains balisés cent fois: les milieux policiers, les ripoux, le complot. L'idée du découpage des épisodes en 24 heures est judicieuse, mais le temps n'est pas ressenti de façon plus réelle ou plus intense pour autant. En revanche, la série montre pour la première fois l'interpénétration des sphères privées et publiques qu'engendre l'utilisation du téléphone portable. On voit trois portables par plan. Le héros recherche en même temps des terroristes internationaux et sa fille qui a disparu pour fumer des joints avec des paumés. C'est l'interconnexion des emmerdements. 24 heures chrono rend compte de cette nouvelle réalité.»