«Au bout d’un instant, je sortis et je quittai l’hôpital. Et je rentrai à l’hôtel, sous la pluie.» Ernest Hemingway, L’Adieu aux armes, fin officielle du roman. Mais aussi: «Il n’y a rien à ajouter à cette histoire. Catherine est morte et je vais mourir et c’est tout ce que je peux vous promettre.» Ou encore: «Il n’y a pas de fin mis à part la mort et la naissance est le seul début.»

Ernest Hemingway a écrit 47 excipits différents pour son célèbre ouvrage paru en 1929, passion entre un soldat américain et une infirmière anglaise sur fond de Première guerre mondiale. Son éditeur historique, le New-Yorkais Scribner, les publie aujourd’hui.

L’initiative vient de Sean Hemingway, petit-fils de l’écrivain, qui a compulsé les manuscrits de son grand-père entreposés à la bibliothèque J.F.Kennedy de Boston. Jusque là, les spécialistes évoquaient une petite quarantaine de dénouements. Hemingway en avait confessé 39 dans une interview, expliquant vouloir «trouver les mots justes». Interrogé par le New York Times, l’héritier estime que ces variations sont un outil de travail pour les jeunes écrivains. L’éditeur, lui, y a vu un excellent moyen de relancer l’intérêt autour d’une oeuvre classique.

Hemingway, pourtant, avait balayé 46 fins pour n’en garder qu’une. Il avait hésité encore entre plusieurs titres - «Love in war», «The Enchantment» ou «Of wounds and Other Causes»... - pour trancher en faveur de «A Farewell to arms», au joli double sens. S’il est forcément passionnant, le «making-off» constitue aussi une forme de trahison. Que certains répugnent à valider. Devant la frilosité des acheteurs, un manuscrit inachevé de Nabokov avait été retiré de la vente par Christie’s en décembre 2009.

Caroline Stevan