Formation

50 ans de rapport au corps

A Genève, le diplôme de psychomotricité fête son jubilé. L’occasion pour la Haute école de travail social d’ouvrir ses portes et de s’interroger sur notre relation au physique

A Genève, la psychomotricité est enseignée depuis cinquante ans. Pour fêter ce jubilé, la Haute école de travail social (HETS), qui délivre les diplômes dans la branche, organise une série événements destinés au grand public. L’occasion interroger le lien entre le mental et le mouvement à l’heure où le corps s’expose toujours davantage dans l’espace public ou sur les réseaux sociaux et que se sentir bien est devenu une obligation voire une obsession. Une première conférence de la psychologue française Anne Brun aura lieu le 6 octobre autour de l’exposition «Ados à corps perdu» au Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

Habiter son corps

Comment habiter son corps, le sentir, l’expérimenter? «Chez les jeunes enfants, le corps est un moyen de régulation et surtout le premier outil de communication, explique la responsable de filière Anne-Françoise Wittgenstein. Très tôt, l’enfant prend conscience de son environnement. Le corps se révèle déterminant pour la construction de son identité, mais aussi pour son insertion dans la société.» Le rapport à soi passe donc par le rapport à autrui. «Sentir l’énergie de l’autre, y répondre, c’est tout l’enjeu de la communication non verbale.» A l’école notamment, les psychomotriciens travaillent auprès d’enfants inhibés ou présentant des difficultés de socialisation pour développer leurs interactions avec leurs camarades et susciter un intérêt scolaire.

Médiation psychomotrice

La quête du corps parfait mine la société actuelle. Pour les personnes souffrant de troubles de l’alimentation, la psychomotricité peut permettre de retrouver des sensations: sentir sa respiration, appréhender le volume réel de son corps. «On dit souvent que les personnes malades ne se voient pas telles qu’elles sont, il s’agit surtout ici d’apprendre à sentir son corps.» Auprès des migrants, la médiation psychomotrice peut aider à apaiser le traumatisme du déracinement et la perte de repères qu’il engendre.

Au-delà de sa mission thérapeutique, la profession mène aussi un travail de sensibilisation. Lors d’un week-end portes ouvertes animé par des étudiants en mars prochain, les visiteurs pourront expérimenter différents ateliers. «Marcher les yeux fermés pour prendre conscience de l’espace et des autres en s’appuyant sur ses sensations corporelles par exemple.»


Y participer: 6 octobre de 14 à 18 heures. Conférence et visite du Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (Avenue de la Paix 17, 1202 Genève)

Programme complet sur www.hesge.ch

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