Classique

Pour les 60 printemps de Caecilia: les meilleurs

L’agence genevoise d’artistes et de concerts affiche six décennies rayonnantes. Sa prochaine saison ne manquera pas de panache

Ceux qui l’ont connue s’en souviennent encore. Il fallait de l’entrain, du caractère et une sacrée dose de conviction pour se lancer dans la représentation d’artistes en 1958. Louise-Antoinette Lombard en possède alors à revendre. Lorsqu’elle fonde l’agence Caecilia, du nom de la patronne des musiciens, sainte Cécile, personne ne se doute de la longueur de vie du projet. L’organisatrice, elle, n’en doute pas.

Comme une bonne idée en amène d’autres, l’énergique agente complète les activités de son entreprise avec des concerts, dans lesquels ses protégés figurent régulièrement. Six ans plus tard, Pedro Kranz la rejoint pour poursuivre cette incroyable aventure qui, aujourd’hui encore, affiche une santé insolente.

Dose de flair

C’est que le choix des musiciens se situe au plus haut. Les meilleurs, les plus grands, les plus célèbres: ça pourrait être la devise de la maison. Mais il y a aussi cette dose de flair qui permet au tandem de parier sur de jeunes stars du futur.

Quand la fondatrice s’éteint en 2008, Pedro Kranz ne peut pas envisager que Caecilia ne lui survive. Il tient la barre sans faillir et appelle Steve Roger à ses côtés en 2012. L’association s’avère heureuse, tant par la complémentarité des fonctions que des caractères. Elle produit de beaux résultats.

Avec leurs nombreux solistes, dont les pianistes occupent prioritairement les programmes, et les formations de musique de chambre, les grands orchestres accueillis en tournée sont de plus en plus prestigieux. La saison prochaine, on ne sera pas en reste.

Les rois du clavier

Jugez plutôt. Les rois du clavier se succèdent: Murray Perahia, Grigory Sokolov, Daniel Barenboim pour les aînés. Beatrice Rana pour la foi en l’avenir. Et la venue très attendue de Maurizio Pollini, qu’on n’aura plus entendu à Genève depuis douze ans, dans la même série des Grands Interprètes.

Du côté des retours, l’ancien chef de l’OSR Marek Janowski, dirigera l’Orchestre symphonique de Bâle et le MDR Rundfunkchor avec la soprano Christina Landshamer et le baryton Markus Eiche. Et Kazuki Yamada, encore chef invité privilégié de l’OSR jusqu’en juin, sera à la tête de l’Orchestre philharmonique de Monte-Carlo avec le violoniste Maxim Vengerov en soliste. La dernière soirée de la saison accueillera enfin l’Orchestre de Cadaqués sous la baguette de Jaime Martin avec Pablo Sainz Villegas à la guitare.

A côté des programmes traditionnels, les concerts hors abonnement représentent des cerises sur le gâteau. Quels élus pour titiller l’appétit musical au Victoria Hall? Yuri Temirkanov et le Philharmonique de Saint-Pétersbourg avec l’étoile montante du piano Sergei Redkin.

Rencontre étincelante

Mais aussi Valery Gergiev et son orchestre du Théâtre Mariinski, le Philharmonia de Londres dirigé par Esa-Pekka Salonen avec Nelson Goerner au piano, lors d’un concert en collaboration avec la Fondation Lipatti, et Martha Argerich en compagnie de Stephen Kovacevich pour une rencontre étincelante à deux pianos.

Restent les incontournables soirées de musique de chambre. Le Conservatoire fermant pour travaux, ces moments d’intimité musicale déménageront à la Salle centrale de la Madeleine.

Le Quartetto di Cremona, les Jerusalem et Vision String Quartets, les Quatuors Belcea, Talich, Modigliani et Fauré, le Trio Wanderer, le duo composé de Renaud Capuçon au violon et de David Fray au piano et une rencontre entre Louis Schwizgebel (piano), Benjamin Beilman (violon) et Narek Hakhnazaryan (violoncelle) se succéderont dans la salle provisoire où personne ne doute que le public se pressera.

Il y aura ainsi de la grandeur et de l’éclat pour souffler ces 60 saisons de grande musique à Genève, Zurich et ailleurs.


Caecilia, tél. 022 322 22 40.

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