Imaginaire

7 films pour découvrir le nouveau cinéma fantastique suisse

Pour la première fois, le Festival du film fantastique de Neuchâtel consacre une section aux suspenses helvétiques. Sept jalons pour embarquer dans l’aventure

Fait majeur de l’édition 2016 du Festival du film fantastique de Neuchâtel (NIFFF): il ouvre une section permanente dédiée aux films suisses. Les responsables estiment qu’au fil des dernières années, le genre s’est déployé dans le pays, où il n’avait pas vraiment d’assises jusqu’ici. Un biotope se met en place, et le NIFFF y contribue, assure la directrice Anaïs Emery. Pour saisir la vague helvétique, sept films récents qui racontent la nouvelle diversité du cinéma local.


■ Cargo, de Ralph Etter (2009)

Dans le thriller économique, il y eut le brillant Grounding de Michael Steiner et Tobias Fueter, en 2006. Trois ans plus tard, Cargo représente le même défi, en science-fiction. Dans un futur qui voit les hommes réfugiés dans des stations orbitales, l’héroïne accepte d’accompagner un véhicule de fret dans l’espoir de gagner une région plus accueillante. Mélange de sombres huis clos en milieu technoïde d’espaces infinis, le film garde un charme propre, balade de beauté et de périls.

La bande-annonce sponsorisée.


■ Sennentuntschi, de Michael Steiner (2012)

Pour bien imposer le genre horrifique dans le pays, il fallait une épouvante alpestre, et Michael Steiner, encore lui, l’a faite. On découvre un cadavre dans un vallon; surprise suivie de terribles meurtres, sur fond de mœurs dépravées des gens des montagnes. Des moutons néo-zélandais aux massacres (vengés) de baleines islandaises, chaque pays qui vise le sanguinolent national à ambition mondiale utilise ses spécialités propres. Les Suisses ont leurs terrifiants masques de carnaval des cimes.


■ Chimères, d’Olivier Béguin (2013)

Déjà auteur de courts métrages inégaux, mais brandissant fièrement leur appartenance aux genres populaires, Olivier Béguin a réussi le pari du long métrage avec cette fascinante histoire de couple, et de vampire. En Roumanie, un homme accidenté retrouve son amie, dans un état second, après transfusion. Noires pensées ou réelle soif d’un nouveau type, le long métrage fascine par sa psychologie parfois surréelle.


■ Der Vampir auf der Couch, de David Rühm (2014)

La viennoiserie parmi les films montrés cette année. Dans la capitale autrichienne à son époque éclatante, Sigmund Freund accepte comme client un comte au demeurant vampire. Le point de départ psychanalytique est surtout prétexte à une balade dans une jolie esthétique de BD, avec un peintre et sa muse en chamaillerie permanente, ainsi que la comtesse qui rêve de se voir si belle en ce miroir, et qui a besoin du peintre pour se représenter.


■ Heimatland, collectif (2015)

C’est presque le chantier du siècle, comme un Gothard cinématographique. Dix réalisateurs alémaniques se sont unis pour réaliser un film ample, reposant sur une menace électromagnétique qui plane sur le pays. Les gens veulent fuir, les frontières sont fermées ou le seront, les esprits s’affolent. Un suspense choral qui ambitionne de dresser un portrait renouvelé, et plutôt nocturne, du pays.

Au NIFFF vendredi 8 à 20h. Sortie en Suisse romande à l’automne 2016.


■ Aloys, de Tobias Nölle (2016)

Ils sont détectives de père en fils. Mais le père décède, et le fils perd son lien à la réalité. Il se lie d’amitié téléphonique, par des appels véritables ou fantasmés, avec une femme hospitalisée, laquelle le bouscule dans ses habitudes. Dans le registre périlleux de l’onirisme psychologique, l’auteur livre un film qui obsède peu à peu.

Au NIFFF samedi 9 à 17h45.


■ Late Shift, de Tobias Weber (2016)

Le ramdam de l’année, à commencer par les festivaliers affolés à Neuchâtel. Jeudi, le NIFFF dévoile au monde ce qui est présenté comme le premier film interactif du monde. Sur la base de l’histoire d’un jeune paumé contraint à commettre un braquage, le public votera avec une application pour téléphone pour orienter la suite. Frisson d’innovation, plus que de terreur. Et ce sera made in Schweitz.

Au NIFFF, jeudi 7 à 20h. Sortie en Suisse romande à l’automne 2016.


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