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«9-1-1», la série de Ryan Murphy qui refait les urgences

La RTS double la concurrence française en montrant dès ce dimanche la nouvelle série du prolifique producteur, qui suit l’ensemble de la chaîne des soignants dans des cas de crise

Le jeudi 12 juillet seront annoncées les nominations pour les prochains Emmy Awards, les prix de la TV américaine. Dans la catégorie mini-série, American Crime Story: The Assassination of Gianni Versace, que la RTS montrera dès le 17 juillet, risque fort de remporter la pré-mise. Si c’est bien le cas, ce sera la septième série produite par Ryan Murphy à être nommée, en sept années consécutives. Cela avait commencé en 2012 avec la première saison d’American Horror Story (AHS) puis, notamment, la captivante première livraison d’American Crime Story sur O.J. Simpson, et, l’année passée, Feud, l’étonnante série sur la rivalité entre Bette Davis (incarnée par Susan Sarandon) et Joan Crawford (Jessica Lange) sur un tournage.

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Ryan Murphy, nabab parmi les nababs

Dans le boom constant des séries, de nouveaux nababs apparaissent régulièrement mais, sans conteste, Ryan Murphy domine le paysage. Par son poids créatif et économique, accru depuis l’annonce, cet hiver, de son ralliement à Netflix. Le site de vidéo en ligne aligne 300 millions de dollars pour capter les futurs projets du scénariste et producteur, sans exclusivité sur les séries; il poursuivra ses développements pour Fox et ses filiales. Car Ryan Murphy, c’est aussi une boulimie de fictions. Ces temps, il est au front pour au moins cinq séries et anthologies, dont Pose, exploration des milieux LGBT de New York à l’ère de Ronald Reagan, récemment montrée par Canal+ Séries.

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«9-1-1», succès prévu

Et voici, dès dimanche sur la RTS, 9-1-1. La chaîne romande rafle la primeur à ses concurrentes françaises – M6, qui a acheté la série pour la France, ne donne pas de date.

C’est l’un des blockbusters prévisibles de l’année. D’abord parce qu’il investit un domaine, la série hospitalière, dont la popularité ne faiblit pas. Les défis des soignants remontent presque aux origines des séries TV, et, dans des registres divers, ils ont fourni quelques-unes de grandes pages de l’histoire du genre – on songe bien sûr à Urgences. Dans le domaine du soap, General Hospital est devenu le plus ancien feuilleton américain, donc mondial, avec 55 années de bons et hygiéniques services.

Angela Bassett, Peter Krause et Connie Britton en sauveurs blessés

On s’y attendait, Ryan Murphy et Brad Falchuk, compères depuis Nip/Tuck puis Glee, ne font pas tout à fait comme les autres. 9-1-1 montre bien des soignants de premiers secours, dans le cadre d’interventions d’urgence sur les sites des victimes. Mais comme le titre le laisse penser, elle ajoute la dimension jamais montrée jusqu’ici: les personnes derrière le numéro d’appel universel américain, à peu près l’équivalent du 117. Et cette couche nouvelle rend le feuilleton prometteur.

9-1-1 tend à conter l’ensemble de la chaîne des urgences, depuis l’appel de détresse jusqu’à la résolution, ou non, du problème. Au fil des interventions, Angela Bassett, à la filmographie copieuse et qui est apparue dans les AHS, campe une policière elle-même en détresse, et Peter Krause (Six Feet Under) joue un pompier hanté.

Au bout du téléphone, pour les débuts, Connie Britton (Nashville, mais aussi AHS). Là réside l’intérêt majeur de la série, lorsqu’elle pose la caméra auprès de celle qui distribue les appels, les canalise, les répartit selon la nature du drame au bout du fil.

Un aspect de la méthode Murphy

L’autre raison du succès annoncé de 9-1-1 tient à l’un des aspects de la méthode Murphy: empoigner un registre connu, voire éculé, et tout reprendre en intensifiant le tempo. Dans le seul pilote de 9-1-1, le spectateur assiste au sauvetage de trois victimes, dont un bébé coincé dans un tuyau et un gamin pris malgré lui dans le cambriolage de la maison familiale.

La série va vite, ce sera sa marque, et c’est une manière d’illustrer la pression continuelle sur les divers secouristes, la permanence de l’état de crise, la constance des défaillances de tout ordre, même dans les beaux quartiers. Tout est en place pour une bonne série populaire, qui reposera en grande partie sur ses standardistes.

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