Scène

Abd Al Malik revisite Camus entre rap et tragédie pour parler à la France d’aujourd’hui

Le rappeur et auteur Abd Al Malik a adapté «Les Justes» d’Albert Camus. Sur la scène du Théâtre du Châtelet, des comédiens professionnels mais aussi des étudiants en Sciences Po et des jeunes de la banlieue parisienne

Il attend, assis sur un banc. En jeans, sweat-shirt jaune et bonnet. Jeune homme du siècle (44 ans, ne les fait pas), affable, qui reconnaît en celui qui lui tend la main un semblable, un citoyen du monde, digne donc de recevoir l’accolade.

Salle Berthier, XVIIe arrondissement de Paris, propriété de l’Opéra-Comique. Vaste hall insonorisé, climatisé, adapté à toutes les formes de spectacles. Abd Al Malik répète son adaptation des Justes d’Albert Camus qu’il va jouer du 5 au 19 octobre au Théâtre du Châtelet. «Un rappeur-slameur dans ce temple de la grande musique, c’est énorme, dit-il. Cela permet de revivifier ce type de grande institution en la remettant en connexion avec la rue, le réel, les mouvements de l’époque, dans un désir d’excellence.»