#Un jour, un tweet

Les actrices face au couperet de la cinquantaine

Alors que les débats liés au mouvement #MeToo continuent, «Télérama» met en lumière l’absurde loi qui met à l’écart les comédiennes qui n'ont plus 30 ans

Jusqu’au 25 mai, le hashtag #Cannes2019 sera l’un des plus utilisés sur Twitter. Chaque jour, parmi les milliers de gazouillis générés par le festival, «Le Temps» en retient un, prétexte à parler de Cannes, de sa Croisette, du cinéma, mais pas seulement.

#Un jour, un tweet

Le Festival de Cannes 2018 aura été le premier de l’ère post #MeToo, avec en point d’orgue une image forte, celle de 82 professionnelles foulant ensemble le tapis rouge. Depuis, toutes les manifestations cinématographiques d’ici et d’ailleurs se penchent sur la question de la visibilité des femmes. A Locarno, la nouvelle directrice artistique, Lili Hinstin, a ainsi dévoilé un comité de sélection paritaire. Il faudra par contre plus de temps pour que les génériques des films soient eux aussi égalitaires. Car trop de réalisatrices sortant des écoles peinent encore à trouver un financement puis à mener une carrière durable.

Depuis que le tyran Weinstein est tombé, on voit beaucoup de films mettant en scène des héroïnes fortes. Mais on oublie qu’en parallèle, dans le cinéma commercial, les comédiennes ont toujours énormément de mal à trouver de beaux rôles une fois atteint le seuil fatidique de la cinquantaine. Le plus beau film de femmes vu cette année à Cannes, Portrait de la jeune fille en feu, est porté par deux jeunes actrices d’une grâce insondable, Adèle Haenel et Noémie Merlant. Pour le reste, hormis l’inaltérable Isabelle Huppert, peu de stars plus âgées.

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Adèle Haenel est partout, notamment sur la couverture de Télérama. Mais dans ses pages intérieures, l’hebdomadaire propose aussi un éclairage joliment intitulé «Cachez ces rides qu’on ne saurait voir». Cinq actrices de 51 à 63 ans y témoignent de leurs difficultés à travailler, y détaillent certaines humiliations, comme celle, récurrente, de se voir remplacées par des actrices plus jeunes… qui dans la fiction sont inévitablement mariées à des hommes mûrs. #MeToo an 02, le combat continue.

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