Ils sont deux et ils sont bleus. Les protagonistes de cet album sans texte apparaissent comme des silhouettes uniformes que seuls leurs yeux animent. Assis par terre, avec pour décor (pour pays?) deux cailloux et un maigre rameau, voilà qu’ils échangent un regard et une résolution: partir. Ils vont traverser des lieux aux plantes fantasmagoriques, aux bêtes câlines, aux habitants parfois amicaux, parfois hostiles.

Mais il semblerait qu’on ne sorte pas indemne d’un tel périple, car de retour chez lui, le duo s’aperçoit qu’il lui pousse des formes et des couleurs, souvenirs et traces des lieux parcourus, autant de graines qui ne demandent qu’à prendre racine. Tout comme dans son premier livre, Les Cailloux, paru il y a deux ans chez le même éditeur, Eléa Dos Santos propose une fable philosophique sur la bienveillance et la différence. Les autres. Les ailleurs. Sur l’imagination, aussi, et les belles nourritures terrestres qui l’alimentent.