Aimante et rieuse, Lila, 14 ans, est la plus adorable des gamines. Mais bing! un malheur arrive: la puberté. Parce que sa mère Emma (Elsa Zylberstein) lui a interdit d’aller à la plus cool des soirées, celle où se produit DJ Jules Verne et où elle a bon espoir de croiser le plus beau des garçons du lycée, la petite chérie se mue en teigne. Elle entre en résistance à toute forme d’autorité parentale.

Entre la mère et la fille, la guerre est déclarée. La première fout la honte à la seconde en allant danser sur la musique du DJ star, la seconde bousille le billet de sa mère pour un concert du fameux Amir. C’est l’escalade avec: décapitation de doudou, confiscation de smartphone, dénonciation aux services de protection de l’enfance pour mauvais traitements et perfidies diverses.

Dans une probable référence à La Gifle de Claude Pinoteau, succès populaire de 1974, Lila finit par se manger une baffe de sa mère, pourtant psychologue de profession et adepte des méthodes scandinaves d’éducation. Emma se défoule en écrivant un livre à succès sur les remous de l’adolescence. Pendant ce temps, le père (Lucien Jean-Baptiste), complètement dépassé, compte les coups.

Jolie métisse

Solange Cicurel, l’immortelle autrice de Faut pas lui dire, s’inscrit dans une tradition bien française de comédie familiale à coloration psychosociologique. Les parents formaient un couple mixte, ainsi Lila la jolie métisse témoigne de l’esprit de tolérance et d’intégration dont s’enorgueillit la France.

Le croira-t-on? Adorables se finit bien. Les personnages s’amendent, la grand-mère s’humanise, Emma roucoule avec DJ-JV et son livre est un best-seller, le plus beau garçon du lycée en pince pour Lila. La structure familiale se recompose dans la bonne humeur et l’harmonie comme dans n’importe quel épisode d’Une Famille formidable. Le cinéma n’a malheureusement pas grand-chose de mieux à proposer en cet été de pandémie.


Adorables, de Solange Cicurel (France, 2020) avec Elsa Zylberstein, Lucien Jean-Baptiste, Ioni Matos, Hélène Vincent, 1h31.