Le théâtre sort des classes pour envahir les scènes. Deux festivals montrent le résultat de pièces travaillées toute l’année dans le cadre d’ateliers scolaires. Jusqu’au 5 mai à La Chaux-de-Fonds et au Locle, Ecolades réunit 40 écoles du post-obligatoire romandes, tessinoises et françaises. La programmation s’avère éclectique. Aux côtés de créations comiques telles Fools de Neil Simon ou Un chapeau de paille d’Italie d’Eugène Labiche, deux pièces – Electronic City de Falk Richter et Confusioni d’Alan Ayckbourn – proposent réflexion et analyse.

Le Festival d’ateliers-théâtre, lui, se déroule jusqu’au 8 mai au Théâtre de Carouge. Son maître mot est l’ouverture. Outre ses dix spectacles assurés par des élèves de 12 à 25 ans, il propose cinq stages à des étudiants de tous horizons. Parmi eux, un atelier dirigé par Omar Porras – directeur du Teatro Malandro et metteur en scène de L’Eveil du printemps, et un stage d’initiation au maquillage de scène guidé par la coiffeuse, perruquière et maquilleuse Katrine Zingg.

Les deux organisateurs des festivals s’accordent: l’objectif est le travail en commun. Pour le fondateur d’Ecolades, Claude-Eric Hippenmeyer, «les ateliers apprennent à partager, échanger, agir». Ce qui n’est pas nécessairement évident dans le cadre scolaire, où la relation unilatérale de l’enseignement – autorité oblige – prévaut. La fondatrice et directrice du Festival d’ateliers-théâtre, Marie-Christine Epiney, ajoute: «L’adolescence est une période où il faut montrer les alternatives à l’université.» Et ces stages déclencheront peut-être des vocations.

«Se mettre à nu»

Selon Claude-Eric Hippenmeyer, «le théâtre permet aussi de se dépasser soi-même». L’âge de réserve et de timidité trouve un contrepoint sur une scène où les élèves «osent avoir le trac» et se «mettre à nu». Quant à la rébellion que l’on associe volontiers à cette période de la vie, les deux directeurs insistent sur l’encadrement. Les apprentis sont suivis et dirigés par des professionnels tout au long de leurs ateliers. Et Marie-Christine Epiney de conclure: «Les élèves sont engagés. Tant vis-à-vis du public, du camarade ou du personnage incarné, ils ont le devoir de donner le meilleur d’eux-mêmes.»