Nouvel épisode dans le feuilleton Billetel, qui dure depuis septembre. Tandis que le réseau de billetterie est toujours en panne (voir Le Temps du 30 octobre), la société d'informatique genevoise GlobalOrchestra (GO) chargée par la coopérative d'élaborer le nouveau logiciel, cause de tous les maux, sort enfin de son silence. Après avoir tenté plusieurs mois durant de trouver les causes de la panne, GO décidait de jeter l'éponge le 28 octobre dernier. Les tensions entre Billetel et GO semblaient alors au plus haut, chacun reprochant à l'autre de ne pas coopérer. Billetel a alors reporté tous ses espoirs sur des experts de l'EPFL pour sortir du tunnel. GO de son côté gardait le silence. Jusqu'à hier. La société a en effet envoyé un communiqué à la presse, dont le ton se veut prudent.

Devoir de réserve

Se bornant à constater que Billetel «semble aller au-delà de son devoir de réserve et met gravement en cause GlobalOrchestra quant à la qualité du travail effectué», la société se refuse encore à donner sa propre version des faits qui auraient conduit à la situation de blocage actuelle. Elle met en revanche l'accent sur sa volonté de sortir de la crise en proposant une médiation à Billetel. Le ton se fait plus mordant quand GlobalOrchestra constate «qu'à ce jour, la réponse de la coopérative Billetel a été de nous couper l'accès à son réseau, venir retirer l'ensemble du matériel nécessaire au développement et au suivi du projet, et exiger de nous la remise de l'ensemble des codes sources et de la documentation technique».

Réponse de Billetel par l'intermédiaire de son administratrice, Fabienne Marlier: «Le dialogue n'est pas coupé avec GlobalOrchestra. Nous ne rejetons pas cette idée de médiation. L'ennui, c'est que pendant toute une période, nous ne parvenions pas à obtenir de leur part les informations nécessaires à la poursuite du travail et que nous avons donc dû prendre les mesures qui s'imposaient pour pouvoir le faire. Cette idée de médiation n'est venue qu'après. Il s'agit maintenant de se mettre d'accord sur la personne du médiateur. Nous recherchons la personne qualifiée, ce qui n'est pas facile.»

Quant au fait que Billetel exige que GO lui remette les codes sources, Fabienne Marlier rappelle que la coopérative est propriétaire du logiciel et donc de ces fameux codes. Pour l'heure, les experts de l'EPFL travaillent sans ces précieux outils. On comprend dès lors que la fin de la panne n'est pas pour demain.