«Ce livre avance des choses jamais dites avec la violence et la clarté qu'elles exigent. La possibilité d'une fin de l'Europe, du monde occidental et du monde dans son ensemble. Ce possible est devenu réel. C'est dire s'il s'agit d'un livre apocalyptique.». (p.9)

«La violence est aujourd'hui déchaînée au niveau de la planète, provoquant ce que les textes apocalyptiques annonçaient: une confusion entre les désastres causés par la nature et les désastres causés par les hommes, une confusion du naturel et de l'artificiel: réchauffement global et montées des eaux ne sont plus aujourd'hui des métaphores. La violence, qui produisait du sacré, ne produit plus rien qu'elle-même. Ce n'est pas moi qui me répète, c'est la réalité qui commence à rejoindre une vérité nullement inventée puisqu'elle fut dite il y a deux mille ans. Que la réalité vienne confirmer cette vérité, c'est ce que notre obsession maladive de la contradiction et de l'innovation ne peut ni ne veut entendre.» (p.11)

«A l'instar d'Hölderlin, je pense à mon tour que seul le Christ nous permet d'affronter cette réalité sans devenir fous. L'apocalypse n'annonce pas la fin du monde, elle fonde une espérance. Qui voit tout à coup la réalité n'est pas dans le désespoir absolu de l'impensé moderne mais retrouve un monde où les choses ont un sens. L'espérance n'est possible que si nous osons les périls de l'heure. A condition de s'opposer à la fois aux nihilistes pour qui tout n'est que langage, et aux «réalistes» qui dénient à l'intelligence la capacité de toucher la vérité: les gouvernants, les banquiers, les militaires qui prétendent nous sauver alors qu'ils nous enfoncent chaque jour dans la dévastation.» (p.16)

«Un bouc émissaire reste efficace aussi longtemps que nous croyons en sa culpabilité. Avoir un bouc émissaire, c'est ne pas savoir qu'on l'a. Apprendre qu'on en a un, c'est le perdre à tout jamais et s'exposer à des conflits mimétiques sans résolution possible. Telle est la loi de la montée aux extrêmes.» (p.17)

«La force de l'islamisme vient, entre autres, de ce qu'il est une réponse à l'oppression du Tiers-Monde tout entier. Cette théologisation réciproque de la guerre («Grand Satan» contre «Forces du mal») est une phase nouvelle de la montée aux extrêmes.»(p.355)