Ai Weiwei en toute liberté

Arts Le Chinois expose à Londres

Une rétrospective majeure de l’artiste dissident chinois Ai Weiwei, libre de voyager depuis deux mois, ouvre samedi à la Royal Academy of Arts de Londres, explorant son œuvre subversive et dénonciatrice des violations des droits de l’homme en Chine.

Cette exposition londonienne est tout un symbole pour Ai Weiwei: c’est la première en cinq ans dont il a pu superviser en personne l’installation, ayant récupéré en juillet son passeport confisqué en 2011 par les autorités chinoises. «Il dit que l’émotion de revenir à Londres est extraordinaire, rapporte Tim Marlow, directeur artistique de la Royal Academy of Arts. La dernière exposition publique de ses œuvres à laquelle il a pu assister fut Sunflower Seeds à la Tate Modern entre octobre 2010 et mai 2011.»

La présence de l’artiste dans la capitale britannique est loin de passer inaperçue: n’importe quel passant jetant un œil dans la cour de la Royal Academy of Arts verra son imposante sculpture Tree, huit arbres reconstitués à partir de morceaux d’arbres morts du sud de la Chine, figurant notamment la diversité ethnique du pays.

Foudres des autorités

A l’intérieur, l’exposition occupe onze salles organisées thématiquement autour d’un projet d’Ai Weiwei, d’une période de sa vie ou d’un matériau. La plus grande et la plus impressionnante de ces pièces est consacrée à son travail autour du tremblement de terre au Sichuan en 2008: au mur, deux énormes panneaux listant le nom de chacun des quelque 5000 écoliers ayant péri dans la catastrophe à cause d’établissements mal construits; au sol, une gigantesque sculpture appelée Straight, faite de 90 tonnes de barres d’acier d’armature récupérées clandestinement dans les bâtiments en ruine et redressées dans leur forme initiale.

C’est ce travail de mémoire, réalisé avec l’aide de dizaines de volontaires sur le terrain, qui lui a tout particulièrement attiré les foudres des autorités chinoises, opaques sur le nombre de morts et les causes du désastre.