Lyrique

«Aïda», une histoire de famille pour le roi Fouad II

L’œuvre, jouée à partir de vendredi à Genève, occupe une place particulière dans la lignée du dernier roi d’Egypte. Son arrière-grand-père avait commandé l’opéra à Verdi pour inaugurer le Théâtre italien du Caire. Rencontre sur les bords du Léman

La vue est simplement… royale. Comment pourrait-il en être autrement pour un monarque? En choisissant de s’installer sur les hauteurs de Bursins, dans une discrète maison bourgeoise, «Sa Majesté» le roi Fouad II d’Egypte a opté pour le plus magnifique des fastes: une situation dégagée sur le Léman. Le regard peut glisser librement à 180 degrés sur l’eau, les vignes et les montagnes. Juste de quoi rêver.

Installé depuis cinq ans dans cette bâtisse sans apparat sous le regard solennel de ses ancêtres portraiturés, le souverain mène un train modeste pour ses fonctions. Il a juste augmenté sa maison d’une véranda pour mieux déguster la splendeur lémanique. L’homme paisible et simple y vit un exil tranquille. «Rien n’égale la beauté et la sérénité de ces lieux», avoue-t-il dans un sourire. Pourtant, la vie du dernier roi d’Egypte ne fut pas paisible.