A la fin du mois de janvier, face à des milieux culturels aux abois, le Conseil fédéral lâchait un peu de lest, évoquant la possibilité d’indemnités rétroactives pour les pertes financières à partir du 1er novembre 2020. Une extension désormais acquise, comme l’a annoncé Alain Berset en conférence de presse. Cette rétroactivité permettra une couverture des pertes ininterrompues depuis le 20 mars 2020. Les conditions-cadres permettant de bénéficier des aides d’urgence ont dans le même temps été modifiées, pour une entrée en vigueur ce jeudi 1er avril. Le seuil de fortune maximal a notamment été rehaussé.

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Les indemnisations ne sont en outre plus uniquement destinées aux indépendants, mais également aux intermittents, à ces travailleuses et travailleurs culturels qui fonctionnent au mandat. Et dorénavant, tant les cantons pour les indemnités que le Fonds Suisseculture sociale pour les aides d’urgence peuvent accorder des avances si une demande n’est pas traitée dans les trente jours. Afin d’accélérer les décisions, une franchise de 1000 francs a encore été introduite; les revenus inférieurs ne sont pas pris en compte lors du dépôt d’une demande.

«Très très émue»

Au moment d’annoncer ce renforcement des soutiens, Alain Berset a souligné que le secteur de la culture faisait partie de ceux qui ont le plus souffert des mesures sanitaires. Et d’insister sur son rôle économique important, «avec plus de 63 000 entreprises et quelque 300 000 employés». Parmi les actrices et acteurs culturels qui ont bataillé pour se faire entendre, Estelle Revaz est devenue en quelques mois une des figures les plus en vue. Elle se dit aujourd’hui «très très émue». Avant les fêtes de fin d’année, la musicienne avait lancé un manifeste signé par un millier de personnes actives dans les différents secteurs de la culture. Elle s’était ensuite lancée dans un long travail de sensibilisation auprès des parlementaires.

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«Enfin, on resserre les mailles du filet, se réjouit-elle. Beaucoup de personnes qui sont dans une grande précarité pourront bénéficier de la rétroactivité et toucher des aides d’urgence comme nous le demandions. Quant à la franchise de 1000 francs, elle permettra aux artistes de reprendre une activité, au moment de la relance, sans que cela péjore les soutiens qu’ils vont recevoir. Même si tout cela arrive très tard, voire trop tard pour certains, c’est une vraie bouffée d’oxygène pour un secteur qui a longtemps été oublié.» Et la violoncelliste de souligner que sans les parlementaires de tout bord politique qui se sont mobilisés, tout cela n’aurait pas été possible.