Aéroport de Moscou, «gris, sale, terrifiant». Les douanières, aux collants soviétiques affreux, les repèrent de loin: «Voilà les Géorgiennes.» Kessané et sa sœur Tina sont séparées de leur mère, Daredjane, pour être fouillées et minutieusement humiliées. Kessané se retient de pleurer: ne pas leur faire ce plaisir, «bientôt, on sera dans l’avion pour Paris». Le récit débute dans cet espace de transit, entre la Géorgie et la France. Les trois femmes se rendent chaque été dans la première, les filles découvrent ainsi le pays de leurs parents. Kessané aime la maison d’Abkhazie, où elle respire «l’air du Caucase», savoure la cuisine de Bébia, les chants de Babou – les grands-parents – et les baisers d’Othar, le beau voisin au sourire énigmatique. En France, Daredjane et ses filles retrouvent le père, Tamaz, tendre et drôle, et leur vie familiale paisible.