Fiction TV

Alain Berset: «Pour les séries TV, il faut maintenant développer des compétences»

Le ministre de la Culture, et de la Santé, dit son goût pour la scabreuse série médicale «The Knick», ainsi que pour le nouvel effort de la RTS, la collection «Ondes de choc»

Le ministre de l’Intérieur, et président de la Confédération cette année, est plus connu pour son goût du piano que des séries, mais il n’apprécie pas moins les feuilletons. Son regard.

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Le Temps: Vous aimez citer «The Knick» comme l’une de vos séries favorites. La Suisse a donc un ministre de la Santé qui admire une série à propos d’un chirurgien new-yorkais cocaïnomane du début du XXe siècle. Il y a de quoi s’inquiéter, non?

Alain Berset: C’est une série où l’on apprend beaucoup de choses, et où l’aspect historique est fascinant. Avec ses côtés sombres également. Peu de séries d’aujourd’hui ressemblent à La petite Maison dans la prairie… Et s’il y a bien un domaine qui nous permet de nous projeter dans d’autres réalités que notre quotidien, c’est la culture! Bref, j’assume volontiers toutes sortes de préférences en matière de cinéma comme de séries TV.

Quelle part occupent des séries dans votre cocktail culturel personnel?

Ces dernières années, j’ai beaucoup aimé Un Village français, qui parle de la France profonde pendant la Seconde Guerre mondiale. Dans un autre genre, Ondes de choc, inspirée par des faits divers survenus en Suisse, est une série tout à fait remarquable.

Les séries deviennent un enjeu majeur, en termes de production et de rayonnement culturel. Des pays, parfois comparables à notre pays, comme les scandinaves, pèsent lourd sur la scène mondiale. La Suisse, non. Que faire?

La Suisse n’a pas encore une grande tradition de séries, mais il y a quand même des choses très intéressantes. Il faut maintenant développer des compétences. C’est particulièrement l’expérience qui compte dans le genre, une expérience que doivent acquérir les équipes TV et les scénaristes. Cela prend du temps, aussi pour parvenir à une certaine résonance internationale. Pour passer les frontières, il faut aussi choisir des thèmes qui s’y prêtent, qui dépassent les intérêts purement locaux. Des séries comme Ondes de choc – récemment programmée à la Berlinale – ou Der Bestatter, sur Netflix, y sont déjà parvenues.


Deux personnalités romandes à propos des séries

Françoise Mayor: «Il y avait eu une manifestation à Genève pour Twin Peaks».

Frédéric Mermoud: «The Handmaid's tale, marquante à plus d'un titre».

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