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Alan Vega présentant son exposition «It's not only Rock 'n' Roll, Baby!» à Bruxelles, 2008.
© ERIC LALMAND

carnet noir

Alan Vega, vie punk, mort «paisible»

Avec son groupe Suicide, l’artiste a été de ceux qui ont ouvert la voie au punk et à la new wave. Malade, il a encore participé à une magnifique chanson de Christophe, parue ce printemps

Il a encore réussi à apporter sa voix, et sa touche, au dernier album de Christophe, dans la magnifique et labyrinthique chanson «Tangerine». Alan Vega, l’une des figures les plus marquantes des débuts de la scène punk américaine et un pionnier de la musique électronique avec son groupe Suicide, est «mort paisiblement dans son sommeil» samedi à l’âge de 78 ans, a annoncé sa famille dans un communiqué.

«C’est avec une profonde tristesse et une immobilité que seule une nouvelle comme celle-là peut provoquer, que nous avons le regret de vous informer que le grand artiste et la force créatrice, Alan Vega est décédé», poursuit la famille.

Elle rend hommage à l’esprit d’avant-garde et sans concession de Boruch Alan Bermowitz, né à Brooklyn, un quartier de New York, en 1938. «Alan Vega était l’essence même de l’artiste à tous les niveaux imaginables. Toute sa vie a été consacrée à donner vie à ce que sa vision lui commandait de faire», souligne la famille de l’artiste qui était également un sculpteur et un peintre.

Suicide, dès 1970, et voici le punk

Il a fondé Suicide en 1970, un duo dont il était le chanteur et où Martin Rev tenait les claviers. Il a affirmé avoir été inspiré par un concert des Stooges d’Iggy Pop à New York en 1969. Le duo est crédité de l’utilisation du terme punk (voyou en anglais) pour se décrire.

Et sur les premiers posters du duo on pouvait lire l’expression – qui fera ensuite florès et définira tout un genre musical – «punk music».

«Jusque-là le mot n’existait pas. Mais c’était juste une façon d’être. Nous n’aurions jamais imaginé qu’il y aurait un mouvement punk», a expliqué Vega dans une interview à «Igloo» en 2008.

Des concerts provocateurs

Les concerts étaient provocateurs à dessein et Vega, qui à ses débuts montait sur scène avec une chaîne de moto, était souvent visé par divers objets: des «classiques» de concert rock comme des chaises ou des bouteilles mais aussi un tomahawk, lancé sur lui lors d’une tournée avec les Clash.

«Les gens venaient de la rue pour être divertis par notre groupe et pour oublier leurs problèmes pendant un petit moment, mais quand ils viennent à un concert de Suicide on leur balance la rue dans la figure et c’est sûr que ça a probablement énervé tout le monde», a-t-il reconnu.

Aux sources de la new wave

Le premier album éponyme «Suicide» sort en 1977 et est considéré comme l’un des marqueurs dans l’histoire du rock. Il a influencé d’innombrables groupes de la New Wave des années 80 mais aussi des rockers comme Bruce Springsteen, dont l’album Nevada a été fortement inspiré par «Frankie Teardrop», une chanson de 10 minutes racontant le meurtre de sa femme et de ses enfants par un ouvrier.

Le rythme basique et lancinant des claviers de Rev sur «Suicide» a donné le ton pour plusieurs générations de musique électronique. Le phrasé très particulier d’Alan Vega a aussi inspiré de nombreux chanteurs dans sa foulée.

En 1980, Alan Vega sort «Jukebox Baby», un morceau très rockabilly, en solo et fait un tabac en France, où il sera un moment plus connu que dans son pays natal.

Santé fragile

Il était de santé fragile depuis un accident vasculaire cérébral en 2012. L’homme ne s’est pas contenté de faire de la musique il était également peintre et sculpteur, et bien entendu d’avant-garde. Le musée d’art moderne de Lyon (France) avait consacré une grande exposition – rétrospective «Infinite Mercy» à son œuvre en 2009. Vega a très tôt réalisé des sculptures de lumière avec des tubes de néon.

Une formation avec un surréaliste suisse

A la fin des années 50, Vega avait a étudié la physique et les arts au Brooklyn College, avec le surréaliste suisse Kurt Seligmann et le peintre abstrait radical Ad Reinhardt.

A sa sortie de l’école en 1969 il a rejoint l’Art Workers Coalition, un groupe d’artistes radicaux, à l’origine d’une très fameuse polémique avec le Museum of Modern Art de New York, autour d’un poster dénonçant la guerre du Vietnam. Il a aussi été membre de l’une des toutes premières galeries d’art alternative et multimédia de New York.

L’une de ses dernières interventions aura donc été sa contribution à une chanson de Christophe, fan de la première heure. Dans l’album «Les Vestiges du chaos», paru ce printemps. Il participe à la puissante «Tangerine».

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