L’auteur du Conformiste, de L’Ennui, ou du Mépris, Alberto Moravia (1907-1990), a connu un succès public considérable mais jugeait très sévèrement son œuvre romanesque. Il aurait voulu être poète. A la fin de sa vie, il a composé en secret des poésies brèves, sans concession, et d’une profonde mélancolie. Il les a réunies dans un manuscrit, mais a toujours différé leur publication, jusqu’à sa mort. Son traducteur et biographe, l’écrivain René de Ceccatty, revient pour Le Temps sur ces pages méconnues, enfin publiées en français dans L’Homme nu et autres poèmes.

Le Temps: Dans ces textes inédits, Alberto Moravia estime avoir raté sa vie. Il aurait préféré devenir poète. Pourquoi n’a-t-il pas publié de poèmes?