Le rap est officiellement, depuis quelques années déjà, la musique la plus populaire à travers le monde. Les samples et beats synthétiques ont définitivement terrassé, en termes de streaming du moins, les guitares et amplis. A désormais 41 ans, il est arrivé à un âge où il n’est plus un genre musical univoque – ce qu’il n’a d’ailleurs jamais véritablement été – mais un vaste mouvement qui a infusé toutes les musiques. A l’heure où le rap, tant français que belge et suisse, s’est totalement réinventé pour devenir plus dynamique que jamais, il n’est pas inutile de rappeler quels en ont été, aux Etats-Unis, les premiers grands jalons.

Même si on en trouve les prémices bien avant à travers les fameuses block parties new-yorkaises, il est officiellement né en 1979 avec la sortie du morceau Rapper’s Delight, de Sugarhill Gang. Trois ans plus tard, c’est justement sur le label Sugar Hill Records, le premier à s’être spécialisé dans cette nouvelle forme d’expression, que sortira The Message, album signé Grandmaster Flash & The Furious Five.

Né Joseph Saddler en 1958, Grandmaster Flash est un pionnier, une sorte de Little Richard du mouvement hip-hop, cette culture urbaine embrassant également le deejaying et le breakdance, tout en redéfinissant les contours de la mode. Né à la Barbade, installé très jeune à New York, Saddler est aussi considéré comme le père du scratch, cette technique consistant à inverser la rotation d’un vinyle à la main, et que l’on entend par exemple sur le titre It’s a Shame. The Message et son tube éponyme, au-delà de leur importance historique, montrent surtout avec force mélodies que le rap n’a pas été créé ex nihilo, mais qu’il trouve ses origines dans les musiques noires et notamment le funk, qui lui-même découle du jazz, ce descendant du blues.


Grandmaster Flash & The Furious Five, «The Message» (Sugarhill Records, 1982). Une édition «expanded» a été publiée en 2010.


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