Même ceux qui se doutaient que le nouveau gouverneur de Californie n'est qu'une marionnette des républicains et de l'administration Bush seront ulcérés par ce film. Ancienne directrice de festivals (Sheffield) et monteuse de documentaires, la cinéaste britannique Alex Cooke a choisi, pour son premier long métrage, de plonger dans la campagne qui a mené Arnold Schwarzenegger à la tête de la sixième puissance économique mondiale. Pas loin de s'y noyer, elle en a rapporté des images effrayantes sur la démocratie-spectacle: prédominance du look sur les idées, mise en quarantaine des médias dans des bus, c'est-à-dire à l'intérieur même de la machine républicaine et mépris des petites gens.

Comme devant les films de Michael Moore, des sentiments contradictoires apparaissent. Jusqu'où la démocratie américaine pourra-t-elle dériver à ce point? Quand l'Europe suivra-t-elle l'exemple? Comment les Etats-Unis, malgré les preuves accablantes que les cinéastes continuent de leur exposer, ne volent-ils pas en éclats? Ailleurs, en Europe par exemple, des guerres civiles et des épurations ont ravagé des pays pour moins de manipulations politiques et de conflits d'intérêts économiques. D'autant que, dans l'incroyable vulgarité de cette politique télévisuelle, Arnold Schwarzenegger et ses marionnettistes n'apparaissent vraiment pas comme les plus recommandables. Terrifiant.

Arnold à la conquête de l'Ouest (How Arnold Won the West), documentaire d'Alex Cooke (G.-B. 2004).