classique

Alexander Melnikov enjoué et subtil

Le pianiste russe sert magnifiquement les deux «Concertos pour piano» de Chostakovitch

Genre: classique
Qui ? Dmitri Chostakovitch
Titre: Deux Concertos pour piano, Sonate violon et piano
Chez qui ? (Harmonia mundi/h. m.–Musicora)

Le pianiste moscovite Alexander Melnikov s’empare des deux Concertos pour piano de Chostakovitch avec une aisance stupéfiante. Ces œuvres n’ont pas le poids des symphonies aux dimensions beaucoup plus vastes. De prime abord, on peut les trouver un peu légères. A les écouter, on s’aperçoit qu’elles sont beaucoup plus riches qu’elles n’en ont l’air. Elles condensent toutes les caractéristiques de Chostakovitch: ton enjoué, ironie mordante, nostalgie désolée (très beaux mouvements lents).

Alexander Melnikov, qui a enregistré pour Harmonia Mundi les Préludes & Fugues Op. 87 , s’y montre comme un poisson dans l’eau. Il joue d’abord le 2e Concerto en fa majeur Op. 102 , moins connu que le Concerto pour piano, trompette (ici, Jeroen Berwaerts) et orchestre à cordes Op. 35 . Son toucher est tour à tour clair, virevoltant, sombre, percutant. La prise de son permet d’entendre tous les détails de l’orchestre. Le chef grec Teodor Currentzis galvanise les musiciens du Mahler Chamber Orchestra: la variété des accents, le rebond rythmique, la beauté des couleurs comblent l’oreille. On écoute ces œuvres avec un plaisir hédoniste.

La Sonate pour violon et piano Op. 134 , écrite vers la fin de la vie de Chostakovitch, apporte une longue plage méditative. Isabelle Faust et Alexander Melnikov épousent les climats de cette œuvre austère. Le violon pourrait être plus expressif et hiératique encore dans les mouvements extérieurs (ce n’est pas le son de David ­Oistrakh), mais la trajectoire est bien menée. Un disque très réussi.

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