La vie de John Muir ressemble à un roman. Enfant, en 1848, il quitte l’Ecosse avec sa famille et traverse l’Atlantique pour démarrer une nouvelle vie dans le Wisconsin. Il a 10 ans, il travaille à la ferme familiale et ne met pas les pieds à l’école. Puis il se découvre inventeur de génie et crée des machines incroyables pour l’époque. Une grande carrière et la fortune semblent s’offrir à lui mais il y renonce pour parcourir le pays et vivre près de la nature dans le plus grand dépouillement. «L’homme le plus libre que j’ai jamais rencontré», dira Theodore Roosevelt, président en exercice qui passa un week-end à camper avec lui en 1903 et appuya la création du parc national de Yosemite.

Alexis Jenni, Prix Goncourt 2011 pour L’Art français de la guerre et agrégé de sciences naturelles, nous fait partager ce destin hors norme dans une biographie envoûtante à plus d’un titre, ne serait-ce que parce qu’elle nous ramène à une période disparue: celle de l’abondance du continent américain voilà un siècle et demi, avant sa surexploitation.