Alfredo Bryce-Echenique

L'Amygdalite de Tarzan

Trad. de Jean-Marie Saint-Lu

Métailié, 264 p.

Maturité ou affadissement? Depuis quelques années, les textes de l'écrivain péruvien Alfredo Bryce-Echenique ont perdu l'extraordinaire puissance humoristique qui faisait le charme de romans comme La Vie exagérée de Martin Romana (1981) ou L'Homme qui parlait d'Octavia de Cadix (1985). Peu à peu, la transfiguration bouffonne du réel est devenue peinture ironique et désabusée, les rires irrépressibles ont fait place à des sourires tendres et mélancoliques. Cette évolution est bien perceptible à la lecture de L'Amygdalite de Tarzan (La Amigdalitis de Tárzan, 1999), qui raconte avec une certaine sobriété comique une passion sans cesse contrariée, un éternel rendez-vous manqué entre deux êtres faits l'un pour l'autre. S'ils ont presque toujours été séparés par la vie, le chanteur Juan Manuel Carpio et sa chère Fernanda María de la Trinidad del Monte Montes n'en ont pas moins vécu un magnifique amour par correspondance, ce qui suppose une détermination et une endurance pareilles à celles de Tarzan, du moins lorsque ses amygdales ne l'empêchent pas de pousser son cri légendaire…