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Alicia Giménez Bartlett: «Mes polars sont féministes mais pas contre les hommes»

Avec la très drôle Petra Delicado, Alicia Giménez Bartlett a créé dans les années 1990 le premier personnage d’inspectrice dans le monde du polar européen. L’autrice barcelonaise était l’invitée des Ateliers du polar «Le Temps»-Fondation Jan Michalski

Féministes et drôles, tels seraient les deux ingrédients phares qui font des polars d’Alicia Giménez Bartlett, ancienne professeure de littérature espagnole, des titres à part dans la grande famille de la littérature policière actuelle. On a un peu de mal à l’admettre mais l’arrivée de Petra Delicado, son personnage d’inspectrice au parler direct et cru, sur la scène du roman noir, dans les années 1990, était une première. Jusque-là, les policiers à la manœuvre dans la fiction étaient des hommes. Petra Delicado entraîne la sympathie immédiate des lecteurs par son humour, un goût prononcé pour le trait ironique, pratiqué comme un antidote à tous les coups durs.

Le succès tient aussi à son alter ego, son adjoint Fermin Garzón. Au fil des titres parus en français, de Rites de mort (2000, Rivages/Noir) à Personne ne veut savoir (2015), on assiste au développement d’une amitié indéfectible, alors qu’au départ ils étaient comme chien et chat.