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Alizé et Xavier se sont rencontrés il y a treize ans déjà. Il avait 20 ans et elle 16.
© Claire Pathe / SloSlo

Portrait

Aliose: tu chantes, moi aussi

Alizé Oswald et Xavier Michel se sont rencontrés en 2004 lors d’un atelier de composition à Nyon. Signé par la major Warner il y a deux ans, le duo romand vient de publier son troisième album, qui lui vaut une très forte attention médiatique en France

Alizé Oswald et Xavier Michel sont à la vie ce qu’ils sont à la scène. Un couple qui fonctionne en totale osmose – ou du moins en donne l’impression. Sur son troisième album publié sous le nom d’Aliose, le duo chante comme il respire, leurs voix s’entremêlant pour tisser d’enchanteresses harmonies. Ce n’est pas pour rien, d’ailleurs, que le disque s’intitule Comme on respire. Les deux Romands revendiquent cette symbiose, cette «évidence», comme ils disent. Lorsqu’on les questionne, ils répondent de même à l’unisson, l’un(e) finissant les phrases de l’autre. Ces deux-là étaient faits l’un pour l’autre, c’est en effet évident.

Cet automne, Aliose bénéficie d’une forte attention médiatique, notamment en France. La raison? La signature d’un contrat avec la puissante major Warner Music, qui après avoir produit un E.P. cinq titres l’an dernier, Pixels, mise beaucoup sur Comme on respire pour imposer le duo.

Mais si nos voisins évoquent leur troisième album comme s’il s’agissait du premier, Alizé Oswald et Xavier Michel ont derrière eux une solide expérience. Qui est un réel atout et leur permet de mieux gérer et apprécier ce qui leur arrive. «On a eu le temps de créer notre univers, tout en tâtant de nombreux métiers puisqu’on a tout fait nous-mêmes après avoir monté notre propre société, explique Xavier. Du coup, pouvoir aujourd’hui déléguer tout ce qu’il y a autour nous permet de nous concentrer sur la musique.»

Complices avant d'être collaborateurs

Alizé et Xavier se sont rencontrés il y a treize ans déjà. Il avait 20 ans et elle 16. Ils s’étaient tous deux inscrits aux ateliers Funambule, à Nyon, destinés aux auteurs-compositeurs-interprètes. Lorsqu’on leur demande ce qui les a rapprochés, Alizé avoue en riant leur amour commun d’Henri Dès. «Notre complicité était au départ avant tout humaine, poursuit l’aîné. On n’a pas commencé à écrire ensemble tout de suite.»

La jeune femme commençait alors à peine à composer ses propres morceaux, tandis que Xavier en avait déjà plein ses tiroirs. A aucun moment ils ne se sont dit qu’ils allaient monter un projet, devenir professionnels et faire carrière.

Toujours est-il que de leur complicité est finalement né Aliose, dont le premier album, autoproduit, est sorti en 2009. Alizé y était plus présente que Xavier, qui ne chantait quasiment pas. «J’étais uniquement dans l’écriture, dans l’ombre», dit-il en expliquant que c’est la scène qui leur a ensuite donné envie de chanter ensemble et d’écrire à quatre mains. «Notre style s’est affiné au fil des années, et aujourd’hui il est impossible de déterminer ce qui vient de Xavier ou de moi», admet Alizé.

L’humain avant tout

Aliose compte déjà plus de 350 dates à son actif, notamment en Chine, à l’invitation de l’Alliance française, et à l’Olympia, en première partie de Maxime Le Forestier. Alizé parle de ces concerts à l’étranger comme de quelque chose de «révélateur et libérateur. Etre loin de chez soi permet d’oser, de tester. Aujourd’hui, on sait exactement ce qu’on veut défendre, et je crois que ça s’entend dans l’album.» Aliose n’a en aucun cas été façonné par Warner, insistent-ils.

«Au départ, c’est une rencontre avec notre directeur artistique, Bertrand Lamblot, qui s’occupe aussi de Johnny, qui nous a convaincus. On lui a fait un mini-concert guitare-voix et il a vraiment senti ce qu’était Aliose avant de s’investir. Ça peut paraître étonnant pour une major, mais on a vraiment affaire à des êtres humains. Tout est très sain, comme lorsque nous étions indépendants. C’est une suite logique.»

Saines tensions

Lorsqu’on leur dit à quel point on sent battre leurs cœurs simultanément derrière les mélodies de Comme on respire, qui alterne d’imparables pop songs et de douces ballades, Alizé apprécie: «Ça me rend très fière parce que ce n’est dans le fond pas facile d’être deux… Sur ce disque, on touche vraiment du doigt quelque chose qu’on peut défendre à deux cerveaux et deux cœurs.»

En marge d’un titre comme «Slavoutytch», qui évoque cette ville ukrainienne construite pour accueillir la population de Tchernobyl suite à la catastrophe nucléaire de 1986, plusieurs morceaux parlent de la vie à deux. «C’est amusant de voir les gens tenter d’interpréter les chansons en se demandant ce qui serait autobiographique, dit Alizé. Reste que nous ne sommes pas les rois des chansons biographiques; au contraire, on aime bien partir d’un sentiment, d’une sensation, puis inventer des histoires qui vont autour. Il y a bien quelques chansons de couple, mais en l’occurrence elles parlent des moments où ça ne se passe pas bien, ce qui ne nous paraît guère autobiographique…»

Mais est-ce véritablement possible de travailler ensemble dans un même souffle sans jamais se disputer, ou du moins se heurter à des difficultés? «Quand vraiment on n’en peut plus, on met des gants de boxe et on se bat, rigole Alizé. S’il y a parfois des tensions, c’est avant tout dans l’écriture. Et trouver la juste tension permet d’aller plus loin. Nous sommes suffisamment exigeants l’un avec l’autre pour nous stimuler sans en arriver au stade de l’agacement.» Et Xavier de conclure: «Il n’y a jamais de vraies disputes. On est très différents, à la fois dans notre culture musicale et notre façon de travailler, mais c’est ce qui fait notre complémentarité.»


Profil

1983 Naissance de Xavier Michel à Genève.

1988 Naissance d’Alizé Oswald à Nyon.

2004 Rencontre à Nyon dans le cadre des ateliers Funambule.

2009 Premier album, «Aliose».

2012 Deuxième album, «Le Vent a tourné».

2015 Signature chez Warner France.

2017 Troisième album, «Comme on respire».

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