Jean-Michel Beuriot et Philippe Richelle

Le Dernier Printemps

(Amours fragiles t. 1)

Casterman, 86 p.

Martin Mahner est officier de la Wehrmacht en poste sur la Côte d'Azur. Mais il l'est à son corps défendant. En l'affublant d'un uniforme vert, on lui a volé les rêves de sa jeunesse, dit-il avant de plonger dans un long flash-back pour remonter à 1932: crise économique, montée du nazisme, acceptation croissante de l'antisémitisme par ses proches amis, admiration de son père pour Hitler… Affreusement timide, Martin finit par nouer une idylle avec sa nouvelle voisine, mais elle est juive et le drame couve. Chronique juste et sensible d'un jeune homme pris dans la tourmente, dont la rébellion est tout intérieure et qui s'en veut de ne pas oser broncher.

Dans un registre plus autobiographique, Isabelle Dethan raconte, en puisant dans les souvenirs de sa famille, la chute du Troisième Reich à travers les yeux d'une petite fille allemande dans Le Dernier Voyage d'Opa Julius (chez Delcourt). Sans le moindre pathos, c'est bouleversant.