Am Stram Gram nourrit le rêve et promet le choc

Saison Les choix de Fabrice Melquiot

C’est peut-être parce qu’il a découvert le théâtre à 17 ans seulement que Fabrice Melquiot mesure l’importance d’amener les enfants à cheminer avec les spectacles le plus tôt possible. Le sens de cette urgence? «S’ouvrir à une perception du réel et des autres.» Le Français qui préside depuis 2012 aux destinées du théâtre Am Stram Gram, à Genève, a une conscience aiguë de sa mission. «On travaille à construire une sensibilité. Pour les jeunes, le champ des possibles est très ouvert. Notre responsabilité est donc très importante!» Quels objets favoriseront l’épanouissement de cette sensibilité, la saison prochaine? Morceaux choisis dans une programmation foisonnante.

A tout seigneur, tout honneur, ouvrons le bal avec Münchhausen? Fabrice Melquiot y creuse la quête d’un père «qui s’appellerait fantaisie, courage ou audace». Qu’est-ce qui dans l’œuvre de Rudolf Erich Raspe l’a excité? «Il y est question de toujours inventer, de ne pas se contenter du prosaïsme de la vie.» La rêverie est mise en scène par Joan Mompart, à qui l’on doit, sous le même toit, des spectacles de très belle facture comme La Reine des neiges ou Ventrosoleil.

L’héroïne de Cosmos 110 ne souffre pas du syndrome de Münchhausen mais pourrait bien passer pour une affabulatrice. Mordue d’astrophysique, Comète est persuadée de pouvoir communiquer avec les extraterrestres. Ses alliés: «des appareils à bidouille sonore» et la générosité du public. Un spectacle participatif, donc, signé Elodie Segui et Emmanuelle Destremau.

Cirque, jazz et voyage

Attirée aussi par le ciel, Mélissa von Vépy a conçu VieLLeicht, à mi-chemin entre cirque aérien et danse butô. Et fabriqué elle-même son agrès, une grande croix en acier. «Un vrai choc esthétique», promet Fabrice Melquiot. On pourra aussi voir la Genevoise dans J’ai horreur du printemps, l’adaptation de la bande dessinée de Fred qu’elle signe avec Stéphan Oliva. En apesanteur, et escortée d’un quatuor de jazz, elle fait revivre l’univers attachant et rude des forains.

En marge des spectacles, Fabrice Melquiot multiplie les ateliers, poursuit ses rencontres avec les artistes et continue à offrir, en ville, ses Consultations poétiques pour tout public. Une nouveauté, dès la rentrée: Les Enfants du monde, où un voyage en Roumanie sera restitué sous forme de journal écrit, sonore et visuel. L’idée? Proposer aux enfants d’ici un regard sur les enfants d’ailleurs. S’ouvrir aux autres, sans relâche.

www.amstramgram.ch