Scène

Am Stram Gram remonte le temps et voit loin devant

La saison 2016-2017 du théâtre jeune public genevois s'interroge sur le génie, le pouvoir des utopies et fraye avec les chauves-souris...

«La vie est un trésor qui n'attend que nous». Telle est la promesse de la poésie d'après Jean-Pierre Siméon. Debout, face à l'assemblée réunie pour la présentation de la future saison d'Am Stram Gram, Fabrice Melquiot rappelle ainsi que la poésie est l'affaire de tous. Sans elle, comment conquérir notre liberté, de penser, vivre, et aimer? Une conviction qui nourrit l'œuvre de l'auteur et ses choix à la tête du théâtre pour jeune public de la route de Frontenex. Sélection des temps forts annoncés.

Théâtre, musique et live painting donnent corps à «Suzette», création du maître des lieux en ouverture de saison. Soit le portrait d'une fillette soupçonnée de... génie. Que faire des projections parentales, qu'est-ce que la normalité, comment trouver sa voi(e)x? La scène pourrait bien déborder jusque dans la salle...

Les questions existentielles émaillent aussi «Dormir cent ans», relecture contemporaine de «La Belle au bois dormant». Fabrice Melquiot salue la «prouesse visuelle» de la Française Pauline Bureau qui traduit l'univers fantastique de ses héros au moyen de la vidéo.

Qu'est-ce qui pousse des jeunes à se retrancher chez eux, rompant ainsi tout lien avec l'extérieur pour ne s'adonner qu'aux jeux vidéo? Adepte des technologies numériques, Joris Mathieu livre aux spectateurs, munis de casque audio, plusieurs versions d'une même histoire en fonction de leur âge. «Hikikomori, le refuge» lève le voile sur «une réalité très perturbante.»

Rêves et beauté

La transmission est au cœur de «1985-2045». Pour cette création, Katy Hernan et Barbara Schlittler ont sondé des dizaines d'enfants sur le temps. En exhumant des objets d'antan et en imaginant des accessoires du futur, ce «théâtre d'enquête» éclaire «nos mémoires et nos utopies»

Akram Khan est l'une des grandes signatures de l'affiche 2016-2017. Avec «Chotto Desh», version jeune public de son solo autobiographique «Desh», il met en scène un petit garçon au Bangladesh qui se nourrit de beauté et de rêves...

Malgré les apparences, «Ça Dada», la création d'Alice Laloy, ne se veut pas un hommage au mouvement né il y a cent ans, mais plus un questionnement sur le présent. Avec des comédiens épatants comme Christian Scheidt et Barbara Tobola.

Des retrouvailles prometteuses sont également programmées. «Mon Chien-Dieu», texte de Douna Loup, sera mis en scène par Joan Mompart, qui avait déjà adapté avec doigté «Ventrosoleil» de la même auteure à Am Stram Gram. On se souvient aussi avec bonheur de sa séduisante «Reine des neiges», il y a quelques années, et de son allègre «Münchausen?», en octobre dernier. Dans vMon Chien-Dieu», il est question de l'enfance quand elle côtoie la mort, d'amitié et de mystère...

La saison s'achèvera avec «Very Bat trip», conçu par Fabrice Melquiot, Eric Linder et Pascal Moeschler. Une ode aux chauves-souris orchestrée sous les arches du Pont Butin. Promis, Batman sera au rendez-vous! 

Il y a bien d'autres raisons de pousser la porte du théâtre de la route de Frontenex. Pour ses nombreux ateliers, ou encore pour honorer les invitations originales du Laboratoire spontané. Comme cette «Nuit au théâtre» où tout le monde (si, si) est convié à tomber dans les bras de Morphée sur scène. Sac de couchage et esprit d'ouverture sont requis...

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