Il y aura toujours ceux qui lui nieront tout talent de cinéaste parce qu’elle serait juste une actrice et qu’elle a choisi de raconter sa vie. Mais Valeria Bruni Tedeschi se retrouve en compétition à Cannes et, n’en déplaise aux médisants, ce n’est pas volé. En vingt ans et cinq films se dessine une œuvre cohérente, dont Les Amandiers – après Il est plus facile pour un chameau…, Actrices, Un Château en Italie et Les Estivants – fait aujourd’hui figure de nouveau sommet. Sa fougue, ses éclats de joie ou de désespoir ressemblent à l’actrice aux émotions à fleur de peau que l’on connaît. Mais l’effacement, derrière la caméra, la révèle tout aussi solide et lucide lorsqu’il s’agit d’évoquer ses années d’apprentissage de comédienne, marquées par le deuil d’un premier amour.