roman

Amélie Nothomb au Festival de Burning Man

«Tuer le père», le vingtième roman d’Amélie Nothomb a pour décor le festival américain qui a lieu chaque année dans le désert du Nevada

Genre: roman
Qui ? Amélie Nothomb
Titre: Tuer le père
Chez qui ? Albin Michel, 152 p.

De la nouvelle ou du roman bref, Amélie Nothomb en manie la confection avec un art consommé. Depuis 1992 et L’Hygiène de l’assassin, la jeune quadra publie un roman chaque année avec, comme le veut toute production prolixe, de grands crus et des jus plus anodins. Et de forts tirages, constants, eux, tant l’auteure s’est constitué un large lectorat de fans.

Tuer le père est indéniablement une bonne année. C’est une histoire de magiciens et donc de jeux sur la réalité. Amélie Nothomb prend un malin plaisir à jouer avec le lecteur qui d’abord ne voit pas le truc.

Au cœur du récit, la relation filiale, comme l’indique le titre. Dans le rôle du père, un maître de la magie, Norman Terence, la trentaine magnifique. Dans le rôle du fils, Joe Whip, quatorze ans, mis à la porte de la maison familiale par sa mère, et fou de magie.

Le décor? Reno, Nevada, Etats-Unis. Dernière ville avant le désert de Black Rock où a lieu chaque année le Burning Man Festival. Ce festival existe bel et bien et réunit près de 50 000 participants sur une petite semaine à la fin du mois d’août. Créativité, expression personnelle, entraide sont les maîtres mots d’un événement hors norme. Amélie Nothomb en fait le cadre de son vingtième roman car Burning Man présente la particularité de surgir du désert en une véritable ville éphémère et de disparaître sans laisser de trace aucune à la fin de la manifestation. Une sorte de mirage en quelque sorte.

C’est là que les deux magiciens vont s’affronter. Norman qui a formé comme un père le jeune Joe tombera de haut et le lecteur avec lui. De quoi sont fait l’amour paternel, l’amour filial? Qui choisit-on comme père de substitution? Celui qui séduit ou celui qui aime?

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