Polémique

Les Amis de l’OSR se désolidarisent de leur président

Après les attaques d’André Piguet contre la présidente de la Fondation de l’OSR, le comité de l’association le désapprouve

L’OSR, décidément, affronte les vagues sans répit. Dernier en date, l’assaut d’André Piguet. Avant de quitter le navire le 31 octobre prochain, le président des Amis de l’OSR a violemment attaqué, dans la Tribune de Genève, la présidente de la fondation, Florence Notter.

Du côté des Amis de l’OSR, la réaction n’a pas tardé. François Rumpf, successeur intérimaire d’André Piguet, a envoyé une lettre de désolidarisation où il déclare avoir appris avec «consternation» les «allégations» du président sortant. L’association «marque fermement sa désapprobation totale quant à des propos qui tendent à déstabiliser» l’institution tout entière. Le communiqué soutient d’autre part fermement la présidente.

François Rumpf ne comprend pas l’attitude du partant. «Son aigreur et sa hargne me chagrinent. Il a sauté les plombs pour quelques places gratuites à l’heure de partir, dans un débat de conciergerie. Je lui succéderai jusqu’à l’élection du futur président. J’ai déjà assumé cette responsabilité avant Florence Notter, qui avait admirablement tenu ce poste pendant quatre ans.» Lorsqu’elle a été nommée à la tête de la fondation, Daisy Pictet a repris ses fonctions, puis Régis Muletier et enfin André Piguet, qui avait déjà tenu cette charge de 1999 à 2003.»

«Nous agissons dans la complémentarité»

De son côté, Florence Notter ne souhaite pas entrer dans ce genre de bagarre. Elle commente quelques points. «André Piguet a créé il y a quinze ans le club des Z’amis, qui propose des places gratuites aux enfants et leurs parents moyennant une cotisation annuelle de 20 francs. Parallèlement, la fondation de l’OSR a développé et financé sous mon mandat des projets «Jeunes». L’an passé, nous avons offert 600 places aux Z’amis. Nous agissons ainsi dans la complémentarité. Les places que nous proposons gracieusement ne sont pas toujours utilisées.»

«En ce qui concerne l’association des Amis de l’OSR, dont André Piguet a repris la présidence en mai 2016, il s’était engagé à remettre son mandat en novembre. Or au moment où les Amis ont annoncé des candidats à sa succession, il a menacé de démissionner s’il n’était pas réélu avec le vice-président qu’il proposait.»

«Enfin, nous sommes conscients des problèmes qui touchent depuis longtemps la gouvernance de l’OSR, et dont nous avons hérité. La fondation a mandaté un audit de conseil extérieur pour réfléchir et proposer une évolution de nos structures, des mécanismes des prises de décision et de la gestion. Ce sera l’occasion, pour le centenaire de l’OSR en 2018, de repartir sur des bases assainies et efficaces.»

«Toutes les décisions sont prises en totale collégialité»

François Bellanger, vice-président de la fondation, précise quant à lui que «toutes les décisions sont prises en totale collégialité au sein du bureau du conseil de fondation. Nous sommes trois à les assumer en toute transparence avec les membres. En aucun cas et à aucun moment Florence Notter n’agit seule. On oublie aussi que les représentants de la Ville et de l’Etat, ainsi que ceux des Amis, font partie de l’équipe, participent aux décisions et sont au courant de tout ce qui se passe. Ces attaques personnelles sont donc infondées et déplacées. D’autre part je n’ai jamais écrit de courriel, mais personnellement rassuré les membres de l’administration sur les bonnes relations entre les Amis et la fondation.»

André Piguet persiste. «Je rejette tout ce que dit Florence Notter pour me contredire. La situation est extrêmement inquiétante et dure depuis trop longtemps. Tout le monde le sait et j’ai ce qu’il faut pour le prouver. La vérité est de mon côté.»

Une musicienne le contredit. «Nous ne comprenons pas cet acharnement. On veut bien qu’André Piguet soit déçu de ne pas être réélu à la tête des Amis de l’OSR. On veut bien que la façon d’agir ou le tempérament de Madame Notter ne lui plaisent pas. Mais il n’est pas pardonnable de l’attaquer de cette façon depuis la mort de son mari, alors qu’elle donne tout pour l’OSR et met tout en œuvre pour solidifier l’institution à un moment crucial, car que le nouveau chef Jonathan Nott arrive, ainsi que la nouvelle administratrice générale Magali Rousseau.»

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