Léonard Gianadda a ses nettes préférences et le soin des amitiés bien entretenues. Si la saison 2004-2005 de la fondation de Martigny n'annonce pas, comme elle le fait très souvent, la présence des Solisti Veneti, d'autres habitués se retrouvent immanquablement, annuellement pour certains, dans le temple ombragé.

C'est le cas du chœur sédunois Novantiqua, dirigé par Bernard Héritier, qui chante la sublime Petite Messe solennelle de Rossini, entouré de solistes locaux mais néanmoins idéaux (Rachel Harnisch, Claude Darbellay, Jean-Jacques Balet et le Neuchâtelois Bernard Richter) en début d'année prochaine (me 18 janvier). C'est le cas, aussi, du Beaux-Arts Trio, trinité historique jubilaire dont les membres se renouvellent sans faillir à la réputation de l'ensemble, en particulier dans la musique viennoise (ve 4 février). C'est le cas, encore, du pianiste Radu Lupu qui revient en soliste ombrageux mais intense le jeudi 24 mars 2005, dans des œuvres de Schubert et Beethoven.

Côté grands ensembles, l'Orchestre de chambre de Lausanne se produit au cours d'un de ses concerts délocalisés sous la direction d'Okko Kamu, invitant la violoncelliste Sol Gabetta pour le Concerto de Haydn (me 23 février). Autre phalange vaudoise exportée, celle, aussi jeune qu'efficace, du violoniste Pierre Amoyal, qui présente les dernières trouvailles de sa Camerata le mardi 12 octobre. L'Orchestre de la Suisse romande se présente quant à lui en compagnie du violoniste américain Joshua Bell et du chef Neville Marriner, pour des œuvres de Mendelssohn (je 11 novembre)

Et si Vadim Repin et Itamar Golan, quelques jours avant Noël, portent à deux un pot-pourri prometteur de Grieg, Prokofiev, Bartók, Chausson et Waxman (je 16 décembre), on se réjouit forcément de retrouver, fidèle à un public privilégié et à son légendaire sourire, l'énergétique Cecilia Bartoli, en soirée de gala le 6 mars (soirée hors abonnement, places à réserver au plus vite!). Et à quelques encablures de Pâques (je 7 avril), c'est une trinité des plus pétulantes qui s'avance: trois Brigitte – Fournier, Balleys et Meyer –, deux très belles voix et un piano pour un point d'orgue à la saison, dans un décor assuré par l'exposition consacrée à Félix Vallotton.