«Le bateau est resté pour moi le lieu du plaisir narratif; ce n'est pas un hasard si mes premières grandes amours littéraires ont été des romans de mer: Stevenson et ses flottes qui défient les énigmatiques mouvements souterrains des eaux salées, Conrad et ses bateaux qui renferment des secrets indicibles et extraordinaires, Melville avec sa tentative surhumaine de dominer les forces maléfiques des grands fonds, Jules Verne avec ses merveilleuses machines sous-marines. Aujourd'hui encore un récit de mer me conquiert tout de suite. Je suis une consommatrice des collections d'Iperborea, la maison d'édition qui publie avec tant de passion obstinée des romans scandinaves sur les navires fantômes, les luttes avec les glaces éternelles, les vaisseaux qui se perdent dans les abysses marins, les fantômes qui apparaissent au tomber de la nuit le long des routes des bateaux à voiles.»

Le Bateau pour Kôbé, p. 15