Andrea Camilleri

La Saison de la chasse

Trad. de Dominique Vittoz

Fayard, 232 p.

Devenu célèbre en Italie grâce aux enquêtes du commissaire Montalbano, Andrea Camilleri a entrepris depuis une dizaine d'années un vaste cycle romanesque consacré à la Sicile de la fin du XIXe siècle. S'inspirant de documents d'archives, il y brosse avec panache un portrait sans concession de sa région natale. La Saison de la chasse (La Stagione della caccia), qui date de 1992, se déroule dans la petite ville de Vigàta, tout comme Le Coup du cavalier, L'Opéra de Vigàta ou La Concession du téléphone. Une fois n'est pas coutume, il n'est pas directement question de la mafia, mais d'une vengeance privée. Cela dit, aucun des ingrédients qui ont fait la renommée de l'auteur ne manque à l'appel: ironie, truculence, légèreté, sans oublier l'inventivité linguistique. C'est cette dernière composante qui rend particulièrement attractif ce nouvel opus. La traductrice, Dominique Vittoz, a tenté l'impossible: restituer en français «la langue jubilatoire» d'Andrea Camilleri. Pari magnifiquement tenu, grâce au parler lyonnais, qui se révèle très malléable et expressif. Une traduction qui vaut vraiment le détour.