«Je suis l’unique homme blanc de la programmation, l’ultime propriétaire terrien de la partie», s’amuse Andrea Novicov. Ce matin de juillet, le directeur du Théâtre de l’Orangerie galèje, comme un gentleman-farmer dans ses jardins. Autour de lui, des palmiers palabrent sous un ciel de pique-nique. Sur la butte du parc de La Grange à Genève, en face du lac, l’artiste affiche la bonhomie du guerrier au repos: l’élégance du hérisson.

Il faut dire que l’ancien directeur du Théâtre populaire romand de La Chaux-de-Fonds a vécu les annonces du 27 mai passé comme une délivrance. Le Conseil fédéral laissait entendre que les salles pourraient rouvrir en juin. Andrea Novicov pouvait alors lancer les travaux d’aménagement de son repaire, avec cette assurance: son bouquet d’été, riche d’une dizaine de spectacles et de deux expositions, vivrait.