Nomination

Andrea Novicov, une main verte à l’Orangerie

Le metteur en scène helvético-russe succédera à Valentin Rossier à la tête de la plus romantique des salles genevoises

Ils ont choisi Puck, ce diablotin des forêts, plutôt que Falstaff, ce gourmet mélancolique. Le metteur en scène helvético-russe Andrea Novicov, 58 ans, dirigera le Théâtre de l’Orangerie dès l’été prochain. C’est la surprise du chef, celle de Sami Kanaan, ministre municipal de la Culture à Genève, sur recommandation d’une commission d’experts. Sur leur bureau, 19 dossiers.

Ils en ont retenu trois, dont ceux d’Andrea Novicov et de Valentin Rossier, l’acteur directeur de cette serre enchantée, nichée sur les hauteurs du parc La Grange à Genève.

Le choix surprise de Sami Kanaan

Les connaisseurs, qui sont un peu bookmakers, misaient sur lui, justement, Valentin Rossier. En six ans, l’artiste a fait un formidable travail, célébrant, entre juin et fin septembre, l’art du jeu. Sa ligne a rencontré l’adhésion d’un public de plus en plus nombreux, près de 10 000 spectateurs en trois mois, pour un taux d’occupation de sa salle avoisinant les 100%.

L’esprit du film «Demain»

«Ce choix n’a pas été facile, parce que Valentin Rossier a fait un superbe boulot, reconnaît Sami Kanaan. Mais le projet d’Andrea Novicov s’est avéré particulièrement convaincant.» Son axe? Ecologico-poétique, pour dire vite.

«L’Orangerie est un théâtre d’été au milieu de la nature, raconte-t-il. Les spectacles que je programmerai tourneront autour de ce sujet aujourd’hui décisif: la relation de l’Homo sapiens à son environnement. La palette de textes est très large, qui va de La Nuit de l’iguane de Tennessee Williams à Oncle Vania de Tchekhov. Je ne privilégierai aucune esthétique, mais des projets.»

Andrea Novicov prône un théâtre responsable, soucieux de ces liaisons dangereuses entre l’homme et la nature. Il se réclame de Demain, ce documentaire de Cyril Dion et Mélanie Laurent. L’esprit de Puck.

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