Andrée Chedid. Entretiens avec Brigitte Kernel. Belfond, 176 p.

On ne présente plus Andrée Chedid, poète, romancière, nouvelliste, dramaturge mais aussi parolière de chansons interprétées par son petit-fils Matthieu («Je dis: Aime»). Restée toujours discrète, l'écrivain, qui a reçu le Prix Goncourt de poésie 2003 pour l'ensemble de son œuvre, goûte l'échange avec autrui, particulièrement lorsqu'elle lit des textes en public, «pour le plaisir de jouer avec les mots, d'accélérer le rythme, de s'amuser». Ces entretiens au tissu un peu lâche, par la faute d'une journaliste guère incisive, relèvent du même désir d'ouverture. On n'y apprend pas grand-chose de plus sur son enfance et son environnement familial en Egypte que dans le beau livre consacré à sa mère ( Les Saisons de passage ) , mais il vaut la peine de les lire pour les bribes qu'Andrée Chedid confie sur son besoin vital d'écrire et sa manière instinctive et réfléchie de travailler, illustrée par la reproduction de poèmes manuscrits corrigés aux crayons de couleurs. C'est aussi l'occasion de saluer sa curiosité incessante, sa liberté de pensée, sa rigueur et sa générosité, enfin son indéfectible amour de la vie.