Le local d’Andrina est une minuscule chambre insonorisée, dans les étages d’une ancienne laverie industrielle de Zurich-Ouest. Il y a des graffitis, de l’humidité, des artistes partout qui passent et repassent; on pousse sa porte, et c’est un ermitage où chaque centimètre carré est compté, le piano, les guitares, les pédales, la machine à café, les trophées emportés en musique, la batterie de son compagnon, Arthur Hnatek, avec lequel elle partage cette caverne. «On s’arrange très bien pour ne pas marcher l’un sur l’autre. Il faut une certaine discipline.» Andrina rit de l’intérieur. On imagine très bien, derrière ses grands yeux de cristal, quelle enfant lunaire elle a été.