Chaque roman de Michel Houellebecq est une radiographie de la France d’aujourd’hui. Aucune surprise, donc, de voir l’écrivain brosser dans Anéantir un nouveau portrait de ce pays qu’il ausculte depuis plus de vingt ans, mi-peintre réaliste, mi-psychiatre. Les défenseurs du Prix Goncourt 2010, récompensé pour La Carte et le Territoire (Flammarion), brandissent d’ailleurs toujours le même argument pour justifier son statut d’écrivain le plus vendu et le plus lu de son époque: lire Houellebecq, c’est regarder la France telle qu’elle est et telle que la majorité des médias n’osent plus la raconter. Le ministre des Finances, Bruno le Maire, raconté presque trait pour trait – à quelques exceptions de diplôme et de parcours près – dans Anéantir, leur a même donné raison en avouant sa fierté de «se retrouver dans ce qui est peut-être le plus grand roman de Michel». D’autant que celui-ci dresse de «Bruno» (son héros dans le roman) «un portrait positif d’un homme politique».