Musique

Angus & Julia Stone, plus proches que jamais

Après trois ans d’absence et une séparation, le duo australien revient avec l’album «Snow», le premier composé à deux. Des instants d’intimité entre le frère et la sœur, à découvrir sur scène samedi à l’Arena de Genève

La nouvelle avait créé la surprise. Au début de l’été, le duo de pop-folk australien annonçait la sortie de son nouvel album, trois ans après le succès d’Angus & Julia Stone et ses tubes rêveurs «Heartbreak» et «Grizzli Bear». Surprise parce que la pétillante Julia, 33 ans, et son vagabond de cadet Angus, 31 ans, s’étaient depuis séparés pour se consacrer à des projets individuels.

Un retour étonnant, donc, tout comme le titre de ce quatrième opus, Snow, pourtant sorti dans la douceur de septembre. Précoce, la neige évoque en réalité le lieu qui a inspiré le frère et la sœur à remettre le couvert: une piste de ski des Alpes suisses.

Flash-back en mars 2016, alors que le groupe donne un concert au festival Zermatt Unplugged. «On n’avait plus joué depuis longtemps mais le show s’est très bien passé. Durant la semaine, les locaux nous ont emmenés en randonnée, faire du snowboard, du heliboarding… c’est dans cet environnement qu’a commencé à germer l’idée d’un nouvel album», raconte Angus.

Oxygène

La neige aussi comme symbole de tranquillité, de nature et d’espace. Des thèmes qui imprègnent l’ADN de l’album, entièrement composé et enregistré dans la ferme d’Angus, refuge isolé de Nouvelle-Galles du Sud, à quelques encablures de l’océan Pacifique et des plantations de bananes. «Nous avions ce besoin d’air frais, d’oxygène. L’ambiance était détendue, sans pression ni deadlines

Deux mois au total, au cours desquels Angus et Julia s’isolent, sans ingénieurs du son ni producteurs, pour imaginer Snow. Alors qu’ils avaient pour habitude d’écrire chacun de son côté, le frère et la sœur composent cette fois-ci l’intégralité des morceaux à deux, et rien qu’à deux. L’occasion de retrouver la complicité perdue et d’entremêler souvenirs communs et expériences propres. «L’un prend les devants en amenant un élément personnel, puis l’autre vient s’y greffer. C’est un peu comme une danse tacite qui s’engage naturellement.»

Un dialogue renoué, habile et multiforme: sur l’éponyme «Snow», ballade d’une flegmatique mais charmante insouciance, les deux chanteurs se donnent tour à tour la réplique tandis que Julia se fend d’une harmonie spontanée dans «Who do you think you are», titre mis en boîte dès le premier essai. «On s’est juste assis, une bière à la main, on a commencé à jouer et a capturer l’instant, se souvient Angus. Dans ces moments-là, tu es heureux d’être en vie.»

Vieil orgue qui craque

Si musicalement, Snow reste dans la veine des albums précédents, à la fois épuré et bohème, on y décèle aussi une petite touche rétro. Amenée par les synthés mais surtout un orgue vintage, aux rythmes préprogrammés, qu’Angus racheta un jour à un vieil homme pour 100 dollars. «Il a pris une place centrale dans la composition, au point de devenir une sorte de membre fantôme du groupe. J’aime ses craquements, ses hoquets, ce sont ces petites erreurs et nuances qui font qu’une musique est vivante.»

Snow est un album sensible, léger et complice que le duo emmène à présent sur la route, jusque sur la scène de l’Arena de Genève. A la question de savoir si les deux complices parviennent à reproduire, dans une grande salle, l’atmosphère de leur ranch australien, Angus Stone répond sans hésiter: «Peu importe la taille du lieu, tout dépend de l’énergie qui nous anime. Si l’on ressent cette paix intérieure, le concert devient alors un moment d’intimité partagée.»


Angus & Julia Stone, Arena de Genève, samedi 28 à 20h. Ticketcorner

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