On a tous un premier souvenir de Soleure. La projection des Apprentis, d’Alain Tanner, ou celle de Züri brännt du collectif Videoladen, l’avènement de l’éphémère Dögmeli avec On dirait le Sud de Vincent Pluss ou une muflée au Giesskanne Prinzip, le bar de l’OFC. Anita Hugi, elle, n’a pas de premier souvenir du festival. Comme elle a grandi dans la région, les Journées ont toujours fait partie du paysage, comme le Salève pour un Genevois.

Nous n’avons pas de premier souvenir d’Anita Hugi. Nous l’avons croisée lors d’une table ronde au Locarno Festival, au hasard d’un jury à Visions du Réel, au sein d’une commission fédérale, au buffet d’une Nuit étincelante de Quartz et autres rendez-vous qu’elle fréquentait comme productrice. Elle est une cheville ouvrière, une activiste inépuisable du cinéma suisse et international.